La Prospérité Fermière collecte 450 Ml dans le Pas-de-Calais auprès de 1200 éleveurs. Dans le cadre de partenariats régionaux, elle transforme au total quelque 550 Ml sur son site industriel de Saint-Pol-sur-Ternoise. Un site très énergivore, dédié à 90 % à la fabrication de poudres basiques (40 000 tonnes/an), mais aussi de protéines laitières plus élaborées issues de la filtration. Sur ce créneau, source de valeur ajoutée, la coopérative et sa filiale Ingrédia disputent le troisième rang mondial à des géants tels que Arla, Fronterra et Friesland. Aussi, afin de se distinguer face à cette concurrence, un enjeu consiste à rester à la pointe de l’innovation. L’investissement de 15 M€ dans un nouvel outil de séchage décidé en début d’année y répond, mais aussi l’augmentation de la collecte différenciée de lait bio (6,5 Ml), de lait de pâturage non OGM (30 Ml) et de colostrum.
« Sur un marché trop volatile pour faire la course aux volumes, nous ambitionnons aussi de rester les premiers sur le volet des engagements RSE, afin d’aller chercher de la valeur », souligne Sandrine Delory, la directrice.
Une nouvelle chaudière pour un label bas carbone
Lancé en septembre 2015 sous le nom de Via Lacta, la stratégie RSE (responsabilité sociale et environnementale) de la coopérative décline un ensemble d’engagements en faveur du développement durable. Un moyen de répondre aux attentes d’une clientèle B to B. Le renouvellement de la chaudière à bois s’inscrit dans cette logique : un modèle d’une puissance de 20 mégawatts qui fournira 85 % des besoins énergétiques de l’usine. « L’enjeu est de se différencier par l’affichage bas carbone vis-à-vis de nos clients industriels, à 55 % à l’export. » Mise en service prévue début 2023, pour un coût de 13 M€. La coopérative du Pas-de-Calais ne déboursera rien, elle payera un loyer via un contrat de quinze ans à Engie, propriétaire et gestionnaire de cet équipement. La subvention de 45 % obtenue auprès de l’Ademe sera déduite du montant du loyer.
Après un premier travail sur le bien-être animal et le lait de pâturage en partenariat avec les associations welfaristes, la stratégie RSE intègre désormais une block chain qui assure une traçabilité de la ferme jusqu’à l’ingrédient. Mais aussi des camions de collecte de prestataires qui tournent au biocarburant, ou des mesures plus symboliques comme des opérations de rempoissonnement de cours d’eau avec les collectivités locales ou la pose de ruches sur son site.
Les sociétaires sont bien sûr acteurs de cette recherche de valeur ajoutée, à travers l’évolution de leur mode production : généralisation du diagnostic CAP2’R de niveau 2 à tous (en partie financé par le plan de relance) pour l’obtention du label bas carbone, déploiement des premiers diagnostic de biodiversité dès cet hiver (diagnostic Biotex d’Idèle) et des diagnostics bien-être animal Boviwel en 2022. La coopérative initie même une réflexion autour de la certification HVE et de l’agriculture régénératrice à travers l’animation de formations et de portes ouvertes.
Jérôme Pezon
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