Europe. La première coopérative de dimension européenne dédiée à la sélection bovine est en germe. Reste à la construire.
Arcowin, coopérative de sélection bovine lait et viande est officiellement née le 1er décembre. Elle s’appuie sur quelque 53 000 éleveurs des entités qui la composent : Évolution, Masterrind et VikingGenetics, trois entreprises majeures respectivement en France, Allemagne et Scandinavie. Évolution, ce sont 6 millions de doses vendues dont 4 millions en France, Masterrind, 2,7 millions (1,7 en Allemagne), et VikingGenetics, 3,3 millions (2,1 en Scandinavie).
Peser face à la holstein nord-américaine
Ce mariage répond à une problématique commune. « Nos structures sont confrontées au même défi pour l’avenir, explique Vincent Rétif, président d’Évolution. Notre activité d’IA en race laitière baisse de 2 à 3 % par an. En parallèle, nous assistons avec le sexage à un fort développement de croisement industriel, de 3 à 5 % par an. Nous faisons le pari que ce dernier pèsera, à terme, un tiers de notre activité. »
Dans ce contexte se pose donc la question du nombre d’IA permettant de financer les schémas en race pure… En holstein tout particulièrement, race motrice du nouvel ensemble, chaque entreprise travaillant bien d’autres races. D’où cette alliance, dans l’espoir de peser au niveau international, terrain où la génétique nord-américaine continue de donner le « la ». Condition sine qua non : proposer une génétique du plus haut niveau, à un prix compétitif. Le réservoir génétique holstein de ces trois acteurs réunis laisse envisager que cet objectif est à portée.
« Trouver un deal équilibré pour passer à la phase n° 2 »
Plutôt que de mariage, parlons de fiançailles. Il s’agira en effet pour ces associés, dans un premier temps, de réaliser un diagnostic de ce qu’il est utile ou pas de mettre en commun, d’identifier quels projets méritent des investissements en recherche et développement. Ce pourrait être, par exemple, la production de nouveaux index (efficacité alimentaire, santé…). La mise au point d’un index de synthèse européen holstein, pendant du TPI américain qui fait référence à l’international, pourrait être un autre axe de travail. Pour cela, il faudra harmoniser la récolte des données servant à génotyper de nouveaux caractères… un travail déjà bien entamé au sein d’EuroGenomics, consortium européen auquel Évolution, Masterrind et VikingGenetics participaient.
« Si nous trouvons un deal équilibré, nous passerons à la phase n° 2, celle de la mise en commun de moyens de production », explique Vincent Rétif. Le volet commercial constituerait la phase ultime. Mais on en est encore loin. Les acteurs se donnent deux ans pour la première étape. Si le projet aboutit, ce sera, demain, auprès d’Arcowin que les éleveurs lait et viande de la zone Innoval se fourniront en semences… et non plus d’Évolution.
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