Pratiques. La préservation de la biodiversité constitue l’une des attentes sociétales pour l’agriculture de demain, mais elle intervient aussi dans la protection intégrée des cultures. Arvalis a engagé des travaux afin de fournir aux agriculteurs des références.
La préservation de la biodiversité est devenue un thème majeur pour l’agriculture. Cette préservation est d’ailleurs inscrite dans le Pacte vert européen (Green Deal) et sera déclinée dans la future Pac par le biais des éco-régimes. Au-delà de cette attente sociétale, la biodiversité influe sur l’agriculture par des services éco-systémiques : régulation de bio-agresseurs, pollinisation, fertilité des sols…
Des démarches, comme l’agro-écologie ou la protection intégrée des cultures, proposent de baser la conduite des cultures sur ces processus naturels afin de réduire l’usage d’intrants chimiques. Et les actions de l’agriculteur influent sur la biodiversité : choix et variété des cultures, implantation de haies, de bandes fleuries, découpage parcellaire, etc. « Face à l’ampleur de ce sujet, nous manquons aujourd’hui de références scientifiques. Il ne s’agit pas seulement de valider l’intérêt des couverts végétaux et des éléments pérennes du paysage mais de déterminer quelles espèces dans les bandes fleuries, quelle longueur de haies, quelles pratiques culturales sont bénéfiques à l’environnement, sans pénaliser la production et le revenu des producteurs », explique Stéphane Jézéquel, directeur scientifique d’Arvalis. Pour l’institut, il s’agit d’apporter aux agriculteurs des éléments factuels qui leur permettent de maintenir leur productivité tout en préservant, voire en favorisant, la biodiversité. La station expérimentale d’Arvalis à La Jaillière (Loire-Atlantique) est très impliquée dans le suivi de la biodiversité, et dispose de plusieurs dispositifs d’étude des insectes auxiliaires et pollinisateurs.
« Notre objectif est d’acquérir des références sur la dynamique des relations entre auxiliaires et ravageurs, pour étudier l’effet d’une pratique donnée. Nous savons que les haies ou les plantes mellifères attirent les auxiliaires, mais il faut quantifier le phénomène », précise Véronique Tosser, d’Arvalis. En 2020, une bande fleurie de 70 m de longueur a été implantée entre deux parcelles. Les observations qui se poursuivent visent à quantifier son intérêt pour la population d’auxiliaires, notamment les entomophages (qui mangent des insectes) : carabes, syrphes, coccinelles, araignées, etc. Il faudra ensuite vérifier dans quelle mesure ces populations améliorent le contrôle biologique des ravageurs – pucerons et limaces – et quel équilibre va se créer. L’objectif est aussi d’apprendre à gérer cette bande fleurie, éviter par exemple une augmentation du salissement qui pénaliserait les cultures.





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