Thierry Roquefeuil, président de la FNPL
Avant de commenter un éventuel échec, je préférerais qu’on fasse le bilan honnête de cette charte laitière qui a été une démarche volontaire à l’initiative de la FNPL, l’an passé. Comme toute démarche se fondant sur la bonne volonté des acteurs économiques, sans leur engagement, l’ensemble du dispositif est fragilisé.
Les grandes entreprises laitières privées n’ont pas répondu favorablement à notre volonté de rendre les négociations commerciales plus transparentes, en partant notamment sur l’idée d’un prix du lait objectif permettant aux éleveurs de ne pas être la dernière roue du carrosse, une fois les négociations tarifaires entre les entreprises et la distribution calées.
Car ce sont toujours les producteurs de lait qui trinquent dans ce bras de fer entre les acteurs de l’aval. En France, la baisse du prix du lait est toujours automatique alors que sa hausse est toujours hypothétique !
Il est logique que la grande distribution, qui s’est engagée dans notre charte de manière unanime, ne fasse pas profiter toutes les entreprises (puisque les leaders n’ont pas signé) de leur engagement concernant les prix de vente industriels.
C’est un peu facile de vouloir le beurre et l’argent du beurre lorsqu’on ne prend aucun engagement. Je rappelle que de nombreuses PME et certains groupes coopératifs se sont engagés dans cette charte. Pourquoi ce qui a été possible pour certains ne l’a pas été pour d’autres ?
Ce qui compte avec cette charte laitière de valeurs, c’est qu’elle a directement inspiré le législateur avec la loi Sapin 2. Preuve que nous étions dans le vrai. On ne peut pas construire une relation commerciale durable dans l’opacité, en n’ayant comme variable d’ajustement du maintien de ses marges que le seul prix du lait payé aux producteurs. C’est ce que prévoit la loi Sapin 2. C’est une avancée incontestable.
Reste aux opérateurs de l’aval à donner l’exemple.
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