« J'ai été étonné que Phil Hogan dise hier qu' il n'y avait pas de crise en ce moment », a expliqué lundi Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (Fnpl) lors d'une conférence de presse au Salon de l'agriculture. D'abord parce qu'il y a une crise dans les pays baltes à cause de l'embargo russe sur les produits alimentaires. Et en France, « je ne peux pas entendre que les prix du lait soient satisfaisants », 310 euros les 1.000 litres en février, c'est 50 à 55 euros de moins qu'en 2014, a indiqué le syndicaliste.
Lors d'une visite dimanche au Salon de l'agriculture à Paris, le nouveau Commissaire européen à l'Agriculture Phil Hogan a assuré qu' il n'y avait « aucun problème » sur les prix du lait « pour l'instant » . Un discours assez déroutant pour les éleveurs à un mois de la fin des quotas laitiers et alors que le prix du lait a baissé ces derniers mois en raison de l'embargo russe.
Et la France a du mal en Europe à imposer son idée de mécanisme de gestion en cas de crise de surproduction pendant l'après-quota. « L'Europe ne réformera pas tant qu'il n'y aura pas de crise » et « au niveau européen aujourd'hui, les Français passent pour des communistes », a raillé Thierry Roquefeuil.
Le système de quotas mis en place en 1984 pour gérer les excédents de production prendra fin le 31 mars, laissant les États-membres libres de produire autant qu'ils le veulent. Une ouverture des vannes qui fait redouter un effondrement des prix. En France, les éleveurs et les transformateurs ont mis en place depuis 2010 un système de contractualisation pour préparer cette libéralisation. Cinq ans après, la Fnpl a d'ailleurs demandé un audit sur ces contrats, a-t-elle également annoncé lundi.
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