Climat. Le réchauffement climatique modifie la donne des bâtiments d’élevage. La circulation de l’air doit être pensée autrement pour qu’ils respirent toute l’année.
La réalisation d’un bâtiment d’élevage demande une réflexion approfondie en raison du montant de l’investissement et de ses conséquences à long terme sur le confort des animaux et les conditions de travail de l’éleveur. « Avec l’évolution du climat, le temps de présence des animaux à l’intérieur va sans doute augmenter, et pas seulement sur la période hivernale », alerte Jacques Capdeville, de l’Institut de l’élevage.
En effet, d’une part le bâtiment protège les vaches par son effet parasol en cas de fortes chaleurs et, d’autre part, c’est le lieu de distribution des aliments. Or, l’institut estime qu’en 2050, plus de 50 % des stocks de fourrage seront distribués en dehors de l’hiver en raison des périodes sèches plus marquées en été. Les bâtiments du futur devront donc permettre une ventilation efficace à la fois en conditions hivernales et estivales.
« L’été 2018 nous prouve l’urgence d’appliquer ce principe », souligne Jacques Capdeville.
Avec et sans courant d’air
La bonne ventilation des stabulations est essentielle :
pour évacuer l’humidité favorable à la survie des contaminants et à la dégradation du bâti ;
pour renouveler l’oxygène et se débarrasser des gaz toxiques tels que le dioxyde de carbone et l’ammoniac ;
pour réguler la température intérieure.
« Il faut de l’air sans courant d’air en hiver pour préserver la santé des animaux, tout en étant capable de créer des courants d’air en été pour diminuer la sensation de chaleur », résume-t-il. Les éleveurs misent souvent sur l’effet cheminée voulant qu’une ventilation naturelle s’opère par les entrées d’air latérales, couplées à l’évacuation de l’air chaud dégagé par le bétail et montant vers le faîtage ouvert. Mais ce phénomène n’est plus aussi efficace avec l’augmentation de la largeur et de la hauteur des bâtiments. « Aujourd’hui, avec des largeurs atteignant 30 mètres ou plus, il faut davantage utiliser le vent comme allié en positionnant le bâtiment sur un site exposé », estime Jacques Capdeville.
À ce stade, chaque situation sera particulière en matière de vents dominants et d’éléments du paysage susceptibles de les moduler comme la présence d’autres bâtiments, de silos, de talus, de haies, etc.
Commencer par des façades ouvertes
Concernant le choix des façades, Jacques Charlery, animateur du GIE Élevages Bretagne, recommande la prudence. « Construire un bâtiment par étapes en conservant toutes les ouvertures au début est une bonne solution. Il sera toujours temps d’ajouter si besoin, et au fur et à mesure, des bardages rigides ou souples. On gère ainsi la ventilation à l’usage plutôt que de risquer un gros investissement au départ qui fonctionnera peut-être mal. » L’homme observe que certaines nouvelles constructions sont complètement ouvertes sur tous les côtés, et équipées à 100 % de filets brise-vent enroulables par le haut et/ou par le bas. Mais finalement, dans certains cas, les filets sont relevés toute l’année. « Il était donc possible de s’en passer ! » conclut-il.
Dans tous les cas, la conception générale du bâtiment et son adaptabilité, en fonction des conditions climatiques grâce à des surfaces amovibles, doivent être une priorité avant d’envisager des dispositifs de ventilation mécanique ou de brumisation.
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