La demande à l’export reste ferme alors que la disponibilité en broutards diminue dans l’Hexagone. En cause, la décapitalisation bovine, mais également les épizooties qui impactent les naissances.
Depuis le début de l’année, le cours des broutards ne cesse de « grimper, grimper, encore grimper », constate Maxime Le Glaunec, agroéconomiste dans les Tendances viande de l’Institut de l’élevage. Charolais, Limousins ou encore croisés : « le prix du broutard a progressé de 30 à 40 % par rapport à 2024 ». Sur le terrain, le broutard français est payé 1 € de plus par kilo vif, voire 1,50 €. Mais jusqu’où cela ira-t-il ?
Si la cotation du broutard charolais a marqué une légère inflexion courant avril, le marché est reparti à la hausse de plus belle sur le mois de mai. La semaine du 12 mai, le charolais U de 350 kg cotait 5,46 €, soit une hausse de 0,33 € en quatre semaines.
L’Espagne tire le marché
Actuellement, la demande reste forte et l’Espagne porte les cours. D’après les Douanes, la France a exporté 244 000 broutards sur le premier trimestre 2025. Un niveau équivalent à celui de 2024, à ceci près que l’Espagne vient concurrencer l’Italie. « Les Espagnols ont importé près de 42 000 broutards depuis mars », précise l’agroéconomiste. Un volume d’achat certes quatre fois moins important que l’Italie, mais en croissance de près de 60 % par rapport à 2024. À tel point que la botte transalpine peine à suivre la hausse des cours, avec un recul des importations de près de 6 % sur le premier trimestre. « Les mâles lourds, qui représentent la majorité des ventes à l’Italie, sont particulièrement touchés. Ils sont très demandés par les engraisseurs espagnols, qui en plus de bénéficier de conditions sanitaires facilitées, ont été prêts à augmenter fortement leur prix d’achat », expliquent les Tendances de l’Institut. Pour contrecarrer la raréfaction des broutards lourds, les Italiens se rabattent sur des femelles lourdes.
Des naissances en retrait
Alors que la demande est présente à l’export, la baisse des naissances se poursuit. Si la décapitalisation bovine est une tendance de fond, le contexte sanitaire explique en partie la baisse du nombre de veaux disponibles. FCO 3, FCO 8 et MHE : aucune région n’est épargnée. « Sur le début de campagne 24-25, il manque près de 200 000 veaux de race allaitante par rapport à l’année dernière », note l’agroéconomiste. « Depuis septembre, la baisse est chaque mois comprise entre — 6 et — 12 % par rapport à l’année précédente », peut-on lire dans la note de conjoncture.
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