Rennes, 3 mars 2016 (AFP) - Le mouvement de grève entamé il y a une semaine au groupe coopératif agricole Cooperl à Lamballe (Côtes-d'Armor) a été reconduit mercredi soir par les salariés après une rencontre infructueuse avec la direction, a-t-on appris jeudi de sources syndicales.
Outre Lamballe, les sites de Montfort-sur-Meu et de Saint-Maixent, deux autres abattoirs situés respectivement en Ille-et-Vilaine et dans les Deux-Sèvres, « débrayent aussi ce jeudi », a déclaré à l'AFP la déléguée syndicale CFDT, Marie-Jeanne Menier. De nouvelles catégories de salariés ont également débrayé à Lamballe, le site principal, ces dernières 24 heures, a-t-elle précisé. « Quand on a débrayé jeudi dernier, on ne pensait pas aller aussi loin », a-t-elle dit.
Il s'agit du mouvement de grève le plus long traversé par le groupe coopératif, leader français de la production porcine, depuis sa création en 1966. Le site de Montfort, qui emploie quelque 440 salariés ainsi qu'environ 150 prestataires et intérimaires, « a débrayé tous les jours depuis jeudi dernier, sauf mercredi », a précisé à l'AFP Loïc Plebst, délégué CFDT dans ce dernier abattoir. Les grévistes protestent contre les propositions de la direction qui se traduisant par un gel des salaires en 2016 et un nouveau mode de calcul des primes d'ancienneté et du 13e mois qui feraient perdre aux salariés plusieurs centaines d'euros par an.
Inquiets face à l'absence de dialogue avec la direction, les Unions départementales CFDT, FO et CGT ont interpellé jeudi la préfecture dans un communiqué « pour que des négociations dignes de ce nom puissent être ouvertes et si nécessaire par un médiateur ». Prévue mercredi soir, une rencontre avec la direction a duré « moins de dix minutes », a expliqué à l'AFP Mme Menier. Le directeur, Emmanuel Commault, « ne veut pas retirer du tout son projet. Il a voulu nous faire un cours d'économie comme il nous fait à chaque fois », a-t-elle développé. « Le comportement de l'employeur est inacceptable. Ce n'est pas une négociation, c'est un retour au 19è siècle où le patron "maître" décide comme bon lui semble du salaire et des conditions de travail », considèrent les unions syndicales départementales dans leur communiqué.
Par ailleurs, dans une lettre ouverte à leur directeur diffusée sur Facebook, les salariés dénoncent la « violence physique » provoquée par leurs conditions de travail. Cette souffrance « est telle qu'une majorité de salariés ont déjà été opérés. Canaux carpiens, épaules, coudes... Et pour ceux qui n'y sont pas encore passés, les douleurs les empêchent de dormir la nuit. Vous nous tuez, vous touchez à nos acquis, c'est écoeurant », affirment-ils. Les TMS (troubles musculo-squelettiques) sont extrêmement fréquents dans l'agroalimentaire.
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