L’étude commandée par l’EMB au bureau d’étude allemand BAL révèle que le prix de revient du lait 2016 de cinq pays européens va de 397,70 € à 426,60 €/1 000 litres. Le calcul est basé sur les données du Rica, le réseau d’information comptable agricole de la Commission, reconnu officiellement par les États membres.
Le prix de revient correspond au prix auquel il faudrait vendre le lait pour couvrir les coûts de production, après avoir perçu les aides et le produit viande. « L’étude montre le décalage entre le coût de production et le prix perçu par l’éleveur », souligne Boris Gondouin, membre du comité directeur de l’EMB. Dans le détail, elle montre en effet que depuis 2010, le prix du lait ne couvre pas les coûts, quel que soit le pays. Pourtant, ils sont en baisse, preuve des efforts consentis pour s’adapter. « Ces économies sont dues en partie à la baisse du prix de l’aliment, mais aussi des investissements, au détriment du bien-être animal et des conditions de vie des éleveurs », poursuit-il.
Selon les estimations 2016 de l’Institut de l’élevage, le prix de revient en France des fermes du réseau est de 344 € pour les exploitations spécialisées de plaine et de 371 € en montagne. Là encore, il n’est pas couvert par le prix du lait (1). La rémunération de la main-d’œuvre familiale sur la base de 1,5 Smic fait débat et explique aussi l’écart de résultat avec l’EMB.
Réaffirmer la raison d’être de la Pac
Lors d’une action symbolique menée devant la Commission le 26 octobre, l’EMB a rappelé que ce déficit vient de l’absence d’outils de gestion de crise dans la Pac, lorsque l’offre excède la capacité d’absorption du marché. « À cette occasion, messieurs Juncker et Hogan ont rejeté notre demande d’inscrire dans la Pac le programme de régulation du marché. Reste l’ambition de faire interdire la vente à perte par la loi en fixant comme seuil le coût de production, ce qui s’apparenterait de fait à de la régulation. Nos espoirs reposent sur les élus et les acteurs de l’environnement sensibilisés à l’enjeu de préserver le tissu rural et la sécurité alimentaire européenne : la crise du beurre montre en effet qu’en planifiant la faillite des éleveurs, ce modèle libéral n’assure même plus la sécurité des approvisionnements. »
(1) Voir l’observatoire des prix et des marges, estimations 2016 sur www.idele.fr.
| Le prix du lait loin de couvrir le coût de production | |||||
| En €/1 000 litres | Pays-Bas | Belgique | Allemagne | France | Danemark |
| Charges opérationnelles | 164,60 € |
161,20 € |
173,70 € | 177,50 € | 173,80 € |
| Charges de structure | 215,90 € | 168,80 € | 201,10 € | 235,90 € | 248,60 € |
| Coût de production (hors rémunération de la main-d’œuvre familiale) | 380,50 € | 330,00 € | 374,80 € | 413,40 € | 422,40 € |
| Rémunération (main-d’œuvre familiale) | 93,10 € | 147,10 € | 128,10 € | 107,40 € | 40,70 € |
| Produit viande | - 25,30 € | - 40,70 € | - 64,40 € | - 69,50 € | - 40,30 € |
| Aides Pac | - 21,70 € | - 22,70 € | - 26,80 € | - 41,10 € | - 25,10 € |
| Prix de revient total | 426,60 € | 413,70 € | 411,70 € | 410,20 € | 397,70 € |
| Prix du lait payé | 287,50 € | 267,00 € | 279,30 € | 301,80 € | 286,80 € |
| Chiffres 2016 de l’EMB. | |||||
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