Le 10 juin, les éleveurs français manifesteront contre les accords commerciaux internationaux et la « malbouffe importée », aux côtés des agriculteurs de la FNSEA qui appellent ce jour-là à des blocages de raffineries.
La Fédération nationale bovine (FNB), branche de la FNSEA qui réunit les éleveurs de bovins destinés au marché de la viande, a appelé lundi ses adhérents à « dénoncer l'attitude incohérente de la France en matière de politique agricole et dire stop à la course effrénée à l'importation massive de malbouffe dans laquelle elle s'est engagée ».
Avec l'accord du Ceta avec le Canada entré en application en 2017, l'Europe a accepté d'importer « à droits de douane nuls 65 000 tonnes de viandes bovines, issues d'animaux produits selon des méthodes proscrites en Europe, avec antibiotiques comme activateurs de croissance, au sein de "fermes" contenant 24 000 animaux en moyenne », souligne la FNB. « Ensuite, c'est un accord modernisé avec le Mexique, portant sur l'ouverture du marché communautaire à 20 000 tonnes de viandes jusqu'alors interdites au sein de l'UE pour raisons sanitaires, qui a été conclu en mai ». « Et ce sont encore deux nouveaux accords avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande, classés parmi les principaux producteurs mondiaux de viandes bovines à bas coût, que la Commission européenne négocie officiellement » depuis le "feu vert" donné par les Etats membres le 22 mai dernier, dont la France.
Les discussions avec la Nouvelle Zélande et l'Australie posent aussi problème aux éleveurs ovins de la Fédération nationale ovine (FNO), qui craignent une « déstabilisation du marché intérieur français de la viande ovine » provoquée par des importations supplémentaires. Ils demandent que la viande ovine soit inscrite comme « produit sensible » dans le cadre des négociations commerciales avec l'Océanie, et qu'aucun accord ne soit conclu avant la fin de la négociation du Brexit.
En parallèle, la FNSEA a annoncé la semaine dernière un blocage de raffineries à partir du 10 juin en France en réaction à la hausse attendue des importations d'huile de palme pour alimenter la bioraffinerie de la Mède (Bouches-du-Rhône) de Total.
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