Pourquoi les Charolaises sont-elles blanches ? Plus que la conformation, la robe est la marque identitaire des races bovines. Avant la mise en place des suivis généalogiques, elle était le principal moyen de classer les animaux dans une race ou dans une autre. Si bien que les modes passent, mais pas les couleurs des vaches. Mais la couleur est-elle vraiment une question de goût ?
Dans un dossier dédié, le Herd-Book Charolais rappelle que la robe n’est pas qu’une question esthétique. « Les allèles liés à certaines couleurs ou motifs sont parfois aussi liés à des particularités phénotypiques intéressantes ». Si les Abondances ont généralement des « lunettes rouges » sur leurs têtes blanches, c’est parce qu’il a été constaté que « les muqueuses foncées autour des yeux entraînaient moins de problèmes de vision ». En Holstein, il est prouvé que les vaches à dominante blanche sont moins sensibles au stress thermique que leurs homologues noires, avec des conséquences sur la production laitière ou la reproduction l’été.
Mais revenons à nos Charolaises. Comme pour tout mammifère, la couleur de leur poil est déterminée par la nature, et la quantité de mélanine produite. Cette dernière est sécrétée par les mélanocytes à la racine du poil. Chez les bovins, deux types de mélanine sont identifiés. L’eumélanine, qui donne des poils de couleur noire, et la phaéomélanine, responsable de la couleur rouge.
La production de mélanine est commandée par le « gène d’extension ». Trois allèles existent. L’allèle ED, qui entraîne une forte production d’eumélanine. Elle donne un pelage noir. L’allèle E +, dominant sur e mais dominé par ED, conduit à la production d’eumélanine et de phaeomélanine. L’association des deux donne une large gamme de couleurs brunes ou fauves. Enfin, l’allèle e, totalement récessif, se distingue par une forte production de phaeomélanine et sa couleur rouge caractéristique.
La couleur blanche est quant à elle produite par l’absence de mélanine, ou dans le cas de la Charolaise, par l’atténuation de sa synthèse. « Toutes les nuances entre le blanc et le noir/rouge unis sont dues à une expression réduite ou altérée des gènes codant la couleur », expliquent les généticiens du HBC.
Un gène « de dilution » à l’origine de la couleur des Charolaises
Sur les Charolaises, un gène « de dilution » altère l’expression du « gène d’extension » en charge de la couleur. « Il existe deux allèles mutés du gène de la dilution que l’on peut retrouver dans les races Charolaise et Simmental. Ils sont responsables de la diminution du pigment et affectent de la même manière le rouge et le noir ».
Pour la plupart des Charolaises, la couleur rouge (e/e) définie par le génotype et atténuée par un gène de dilution, généralement au format homozygote (Dc/Dc). C’est ce qui, dans les grandes lignes, donne leur belle robe blanche. Pour le reste, d’autres gènes peuvent venir moduler cette couleur, expliquant un panel de couleur allant du blanc au léger froment.
A l’état hétérozygote, les robes des bovins sont plus ou moins délavées. « Les croisés Charolais Angus sont généralement gris clair ». On pourrait alors imaginer le phénotype suivant : un animal de couleur noire (ED/e pour le gène d’extension), atténuée par le gène de dilution (Dc/dc +).
Négociations commerciales : les entreprises des viandes entre le marteau et l’enclume
Dans l’Est, dix producteurs rebondissent chez Delin
Prix du lait : des perspectives « incertaines », mais « très probablement orientées à la baisse »
Les industriels privés demandent l’aide des producteurs
« Objectif doublement du poids de naissance à 56 jours de vie »
Quand déclencher le premier apport d’azote sur prairie ?
Crise agricole : Sébastien Lecornu annonce une loi d’urgence
Engrais, élevage, légumineuses, les enjeux d’une indépendance azotée pour l’agriculture européenne
Quatre étapes pour transmettre ses moyens de production
Des milliers d'agriculteurs irlandais manifestent contre l'accord UE-Mercosur