Menu

Changement climatiqueQuelles stratégies adopter en système allaitant ?

Dans sa configuration actuelle, le système allaitant du Limousin a une marge de manœuvre limitée face aux aléas climatiques. Néanmoins, plusieurs options d’adaptation au changement climatique sont possibles pour faire face à un déficit d’herbe estival plus important dans les années à venir. Extrait du rapport AFClim.

Option 1 : Mettre en place deux périodes de vêlage pour résoudre le déficit d’herbe en été

Les vêlages, s’ils restent sur janvier, constituent un facteur de blocage pour exploiter l’herbe sur une période plus longue. Une option d’adaptation possible consiste à avoir deux périodes de vêlage : l’une en fin d’automne, l’autre en fin d’hiver. Ainsi, l’un des lots serait susceptible de valoriser l’herbe jusque très tard en saison, et l’autre pourrait être mis à l’herbe beaucoup plus tôt, voire en hiver.

Cette option permettrait plus de souplesse dans la gestion des aléas climatiques : une sécheresse estivale n’aurait pas l’impact élevé qu’elle a actuellement (les veaux étant à peine sevrés, il faut les complémenter). Ce serait aussi une manière de mieux gérer la pointe de travail de la période de vêlages, dans l’hypothèse où les effectifs des troupeaux vont encore s’accroître.

Option 2 : Introduire des cultures fourragères à stock pour faire face aux aléas climatiques

La mise en place de cultures fourragères à stock permettrait d’augmenter le stock fourrager sans augmenter le taux de fauche en premier cycle. Il peut s’agir de luzerne, de maïs voire de mélanges céréales/protéagineux ensilés immatures.

Introduire ces cultures dans l’assolement permettrait non seulement de gérer le problème de ratio de fauche en premier cycle, mais aussi de diversifier la ressource fourragère et donc les périodes d’exposition au risque, ce qui constitue une réponse intéressante face aux aléas climatiques.

Option 3 : Développer et réorienter l’élevage (engraissement ou production laitière)

Cette option repose sur une production de maïs sécurisée par l’irrigation pour l’alimentation du bétail. Cette ressource pourrait être utilisée pour relancer l’engraissement sur place des broutards, elle pourrait également permettre le développement d’une production laitière. Dans l’option d’une conversion en élevage laitier, le coût d’investissement dans les bâtiments peut être un frein important.

Les conditions de cette relance de l’engraissement sont multiples : difficultés en Italie (interdiction de la monoculture de maïs par la Pac, augmentation des charges de production, pression environnementale dans la plaine du Pô) et/ou opportunités dans le Limousin (peu de pression liée à l’urbanisation, rendements en maïs sécurisés par l’irrigation, contractualisation avec des grandes surfaces, demande en produits locaux, etc.).

Option 4 : Extensifier l’élevage et développer une production sous signe de qualité

Cette option repose sur une réduction du chargement, et donc des besoins en fourrages, rendue possible par le développement d’une production de veaux élevés à l’herbe. La production de veaux est valorisée directement, il n’y a plus d’exportation de broutards vers la filière italienne. La production sous signe de qualité permet de valoriser ce mode de production extensif. 

Réagir à cet article

Sur le même sujet