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Changement climatiqueDans le Limousin, 16 jours de pâturage en plus à l’horizon 2050

Le réchauffement climatique aura un impact direct sur la période de pâturage dans les exploitations bovines du Limousin. Selon le centre d’études et de prospective du ministère de l’Agriculture, les exploitations pourraient profiter de 16 jours de pâturage supplémentaire mais la pousse serait nettement ralentie en été. Extrait du rapport AFClim.

Les données suivantes sont issues de simulations climatiques mensuelles réalisées spécifiquement pour l’étude sur cette exploitation bovine du Limousin à partir de données Météo-France. Elles concernent d’une part une période de référence centrée en 1985 allant de 1971 à 2000. D’autre part, elles concernent une période future centrée en 2050 allant de 2036 à 2065.

La comparaison entre les deux périodes montre :

  • une augmentation des températures homogène sur l’année ;
  • un cumul de pluie identique sur le premier semestre, dégradé sur le second semestre;
  • un déficit hydrique plus marqué de juillet à août ;
  • un nombre de jours échaudants nettement supérieur de juillet à août ;
  • une réduction du nombre de jours de gel (de 42 à 27 jours) avec une réduction marquée au printemps (de 7 à 2,5 jours);

En prenant comme modèle une prairie (herbe) et un sol dont la réserve utile est de 150 mm, la comparaison entre les périodes 1971-2000 et 2036-2065 montre une dégradation nette des conditions de confort hydrique entre juillet et août, ainsi qu’une diminution du nombre de jours de drainage d’octobre à février et une réserve hydrique des sols dégradée.

Les effets attendus du changement climatique sur les cultures des systèmes bovins-viande du limousin

Effets du changement climatique sur ↓

Description des effets sur les cultures fourragères

Durée des cycles culturaux

L’allongement de la période de pousse de l’herbe permet de gagner plus de 8 jours de pâturage au printemps et autant à l’automne, mais la période de ralentissement de la pousse estivale serait plus longue (de l’ordre d’une semaine) et très aléatoire (Acta-Mires, 2009).

Conditions de semis, récolte

Pour la valorisation de l’herbe, pas de dégradation des conditions d’accès à la ressource pour des fauches précoces, pas de dégradation non plus en automne pour l’accès aux animaux (conditions de portance). De possibles problèmes de gestion de la pointe de travail de printemps pourraient apparaître, d’autant plus que dans les systèmes allaitants limousins, il y a rarement une deuxième coupe : tous les enjeux, de qualité comme de quantité, sont sur la première coupe, alors que les chantiers sont de plus en plus importants du fait de l’agrandissement.

Les conditions de resemis des prairies temporaires seront meilleures à l’automne qu’au printemps. Les conditions pour la culture du maïs dans les zones de plus basse altitude ne seront pas dégradées (raccourcissement du cycle de production permettant une moindre exposition au déficit hydrique estival).
La culture deviendra possible plus haut en altitude, sans toutefois permettre chaque année une éventuelle récolte en grain. Dans le bassin de Brive, le maïs a déjà une double fin possible (grain ou ensilage) (Acta-Mires, 2009).

Rendements

Les rendements de l’herbe ne seraient qu’en légère hausse (quelques %), notamment sur les sols à faible réserve utile. La pousse de printemps serait quasiment inchangée en volume, avec une baisse de plus de 20 % (fort variable) l’été, et une augmentation de 15 % en automne.
Les rendements seraient maintenus en moyenne pour le maïs ensilage, mais plus variables.

La luzerne n’est pas une culture traditionnelle dans la région mais verrait ses rendements se maintenir dans le futur. Sa culture fait déjà sur place l’objet d’une relance et la régularité de ses rendements est appréciée (Acta-Mires, 2009).

Qualité des récoltes

Possibilité de semer des variétés de maïs plus tardives avec un meilleur rapport grain/plante entière.

Disponibilité en eau

Les ressources sont abondantes dans la zone est de la région. L’irrigation du maïs, peu pratiquée hors du bassin de Brive, pourrait s’avérer intéressante.

Bioagresseurs

Le campagnol terrestre fait de plus en plus de ravages en Limousin. Il est difficile de relier cela au changement climatique, mais c’est concomitant.

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