On a récemment beaucoup parlé de la listériose, après la découverte de la bactérie Listeriamonocytogenes dans des aliments industriels. C’est l’occasion de rappeler qu’il s’agit d’une zoonose grave, qu’on diagnostique encore régulièrement en élevage, comme en témoigne ce cas datant de 2020.
Nous avions été appelés par un éleveur qui avait acheté un lot de broutards chez son voisin. Quelques jours après leur arrivée, l’un d’entre eux a présenté des signes cliniques neurologiques atypiques : démarche en cercle, appui sur le mur, oreille baissée, ptyalisme (bave) et hyperthermie. La listériose, lorsqu’elle est avancée comme ici, se suspecte facilement. La photo du broutard ci-contre en est un exemple typique : une oreille est tombante, la paupière du même côté est affaissée. L’animal perd toute la sensibilité de ce côté de la face : on peut mettre un doigt dans l’oreille sans déclencher de réaction. Ce tableau clinique est fort souvent associé à une très forte fièvre. À ce stade, le pronostic est très sombre, même avec un traitement antibiotique adapté. Effectivement, le broutard est mort deux jours après notre visite. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le vendeur du lot d’animaux, mis au courant par son voisin, a repéré plusieurs veaux avec des symptômes neurologiques au sein de son troupeau.
Traité tôt, l’animal peut guérir
Sur deux jours, nous verrons au total trois veaux, âgés d’environ 1 mois, présentant des signes cliniques évocateurs : légère paralysie d’un côté de la face et hyperthermie modérée. Sur ces animaux pris en charge relativement tôt, nous mettons en place un traitement antibiotique à base d’oxytétracycline longue action, que nous réitérons toutes les 48 heures (au lieu de 72 heures sur la notice), associé à un anti-inflammatoire. La réponse au traitement est bonne, aucune génisse ne gardera de séquelles par la suite.
Si on considère qu’un cas de listériose de temps en temps n’est pas alarmant, ici on fait face à une forme épidémique inquiétante. La priorité est donc de repérer la source de cette infection et de l’éliminer. Pour la trouver, il faut revenir aux bases de la listériose : par où rentre la bactérie ?
Listeria monocytogenes touche les nerfs crâniens en profitant d’une plaie dans la bouche pour pénétrer dans l’organisme. Dans le cas présent, nous suspectons la poussée dentaire des veaux d’avoir permis les infections. La bactérie est donc à chercher en priorité dans l’alimentation. Nous avons réalisé plusieurs prélèvements dans le méteil de l’éleveur, et c’est dans celui de l’an dernier, sûrement un peu moins bien conservé, que nous l’avons trouvée.
Depuis, il surveille toujours les signes cliniques précoces, en particulier sur les veaux. Nous gardons en tête que la bactérie est très résistante dans le milieu extérieur et nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle émergence d’ici quelques années…
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