Arrivé il y a 2 mois au ministère de l’agriculture pour remplacer le « sortant » Didier Guillaume, Julien Denormandie a détaillé, dans une interview accordée à Terre-net.fr, sa feuille de route ministérielle à l’occasion de l’annonce du plan de relance de l’économie et, dans la foulée, de son volet agricole.
Selon lui, les 1,2 milliard d’euros du volet agricole du plan de relance seront orientés vers un cap bien précis : « accompagner les agriculteurs à la transition agro-écologique ». Une transition qui impose une plus grande « indépendance », en particulier en matière d’alimentation animale.
« Devons-nous accepter d'être aussi dépendants du soja brésilien ? (…) Je trouve cela insupportable d’être autant dépendants », a-t-il insisté. Le plan protéines doté de 100 M€, verra ses contours précisés « dans les toutes prochaines semaines ». Il devrait logiquement venir aider les éleveurs à gagner en autonomie, ou tout au moins en indépendance vis-à-vis des importations de soja.
« Accompagner plutôt qu’imposer »
Outre la mise en œuvre du plan de relance pour le secteur agricole, Julien Denormandie aura la lourde tâche de poursuivre et finaliser, avec ses homologues européens et les instances de l’UE, la réforme de la Pac. Avec, pour priorité, d’éviter toute distorsion de concurrence au sein de l’Union. « Les agriculteurs doivent voir leurs revenus augmenter, ils doivent être accompagnés dans les transitions et ils doivent être protégés au sein de l’Europe. »
Quant au sujet du bien-être animal, Julien Denormandie, à l’inverse de son homologue Joël Giraud, secrétaire d’État chargé de la ruralité, ne compte pas signer le « RIP animaux » (Référendum d’initiative partagée pour les animaux, ndlr). « La question du bien-être animal », en particulier dans les élevages, « ne se résume pas à répondre oui ou non », avait-il expliqué chez nos confrères de RMC. « Mon rôle, c’est d’accompagner, et c’est pour ça que dans le plan de relance, on a des montants significatifs pour moderniser, améliorer des abattoirs ou des élevages. Je le fais de manière très pragmatique. Il ne suffit pas de dire, d’imposer : c’est un non-sens, il faut accompagner », insiste-t-il.
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