Souvent en ligne de mire des éleveurs, le vêlage précoce nécessite une certaine croissance au démarrage, mais promet de meilleures performances, des économies de frais d'élevage et une empreinte carbone au litre de lait moindre.
En moyenne, les génisses laitières françaises vêlent entre 29 et 30 mois, selon les données de l’observatoire Reproscope. « En Holstein, l’âge moyen au premier vêlage est à 29 mois, tandis que la médiane est à 28 mois, c’est-à-dire que 50 % des élevages ont un âge moyen au 1er vêlage supérieur à 28 mois. En race Montbéliarde et Normandes, on est plutôt à 30 mois », annonce le Dr René Fournier auparavant vétérinaire technique chez MSD Santé animale et maintenant responsable de la filière bovins lait, à l’occasion d’un webinaire organisé par MSD Santé animale.
Parmi les différents aspects du vêlage précoce, le vétérinaire insiste notamment sur les raisons techniques, « parce que les raisons économiques et environnementales en découlent naturellement », lâche-t-il.
En vêlage 22 mois, viser 400 kg pour une IA à 400 j.
Sur l’aspect technique, « en faisant vêler les génisses plus tôt – mais pas trop tôt –, on va avoir moins de réforme », explique le vétérinaire. Pour René Fournier, un vêlage trop précoce est plutôt « une question de poids au moment de la mise à la repro et du vêlage et non pas une notion d’âge au sens strict, et cette performance repose beaucoup sur la croissance obtenue sur la période d’élevage de la génisse ».
Il insiste sur l’importance du poids à la mise à la repro, « quand on fait vêler à 22 mois, on insémine à 400 j, et le poids idéal pour une insémination à 400 j c’est 400 kg ».
Plus de production en vêlage précoce
Aussi, le vêlage précoce permet une production de lait plus importante à la fois en première lactation et sur l’ensemble de la carrière de l’animal. « Selon des études canadiennes, pour un vêlage à 22 mois, on a un niveau de production supérieur sur la carrière, et plus on fait vêler tardivement, plus ce rendement laitier par lactation va décroître », assure-t-il.
Naturellement, plus de lait sur la carrière donne plus de lait par jour de vie. « Les litres de lait par jour de vie dépendent de l’âge au vêlage, du niveau de production, des performances de reproduction – en particulier l’IVV –, et de la longévité. Quand on améliore un de ces critères, fatalement, on augmente cet indicateur », tranche le vétérinaire.
Contrairement à certaines croyances du terrain, « le vêlage précoce est lié à de meilleures performances de reproduction, et notamment en termes de fécondité, atteste-t-il. « D’après une étude italienne, l’intervalle pour obtenir un nouveau début de gestation est minimisé pour les âges au vêlage les plus faibles, soit les vêlages à 22-23 mois. »
Des économies d'élevage
« Le coût d'élevage d'une génisse se situe aux alentours de 1 500 et 2 000 €, précise René Fournier. Et ce chiffre est d’autant plus important lorsque la génisse vêle tardivement. Un mois en plus sur l’âge au vêlage, c’est 40 à 55 € de frais d’élevage en plus, alors si on fait vêler à 30 mois plutôt que 24, cela représente entre 250 et 300€ d’aliment en plus à donner », lance-t-il.
À situation égale, le vêlage précoce nécessite d'élever moins de génisses.
« Sur un troupeau de 100 VL, avec un taux de renouvellement de 35 %, si on est à un âge au premier vêlage à 28 mois il en faut 90, et si on passe en 24 mois il n’en faut plus que 77. Moins de génisses à élever et individuellement l’élevage de chaque génisse est moins couteux. »
Au final, faire vêler tôt présente un double avantage économique : un coût individuel de l’élevage plus bas, et un nombre de génisses de renouvellement plus faible.
Une empreinte carbone moindre
En vêlage précoce, la quantité de méthane (CH4) émit par litre de lait est moindre, en raison de la réduction du nombre de génisses de renouvellement, mais aussi des performances améliorées au stade vache laitière (production, reproduction, longévité).
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