LA FRANCE IMPORTE CHAQUE ANNÉE 4,7 M T DE SOJA, essentiellement pour l'alimentation animale. 13 % de ce volume est consommé par des vaches laitières. Cette dépendance en protéines pose un problème, notamment du fait de la volatilité croissante des cours, mais aussi pour des raisons environnementales. Pourtant, la France a la capacité de produire elle-même des oléoprotéagineux, tels le colza, le lupin, la féverole, le pois… En alimentation bovine, ces cultures peuvent remplacer 100 % du soja, contre 50 % en porc ou 10 % en volaille. Ces graines doivent être cuites pour être bien valorisées dans les rations. Le procédé de la thermoextrusion permet de détruire les facteurs antinutritionnels et d'améliorer la digestibilité. Abandonnée par la plupart des fabricants d'aliments, cette technologie est une spécificité de Valorex. Cette entreprise installée à Combourtillé (Ille-et-Vilaine), dégage un chiffre d'affaires de 65 M€ en produisant 120 Mt d'aliment avec 100 salariés. Elle est connue pour son implication dans la valorisation des graines de lin.
Elle se donne aujourd'hui l'objectif de trouver des protéines françaises afin de se passer complètement des importations de soja. Ceci suppose une augmentation importante des surfaces consacrées à ce type de cultures. À terme, l'entreprise aurait besoin de 16 500 ha de protéagineux (deux tiers de féverole pour un tiers de lupin). Elle achète aujourd'hui 3 000 ha. À l'échelle de la France, l'autonomie en protéines supposerait de multiplier la surface en oléoprotéagineux par trois.
Des contrats pour sécuriser les producteurs
Pour motiver les producteurs, Valorex mise sur la proposition de contrats, garantissant un débouché et un prix permettant une marge. Il y a quelques années, c'est cette stratégie qui lui a permis d'initier le développement de la culture du lin. Elle incluait aussi l'implication des semenciers qui fournissent des semences adaptées et un appui technique. Le contexte semble plutôt favorable puisque la FOP (Fédération française des producteurs d'oléagineux et de protéagineux), consciente des enjeux de l'autonomie protéique de la France, commence à investir dans la sélection variétale. La Pac 2015 pourrait aussi favoriser cette évolution.
PASCALE LE CANN
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