Malgré une hausse de la production européenne, la Fédération nationale des coopératives laitières craint que certains États ne jouent pas le jeu d'une réduction volontaire de collecte.
Ce jeudi 21 avril, la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL) a présenté son rapport d'activité de 2015 à l'occasion de son assemblée générale. Constatant une nouvelle hausse de la production européenne en janvier 2016 (+4,6 %), Dominique Chargé, le président, signale l'urgence « d'une maîtrise des volumes au niveau européen ». Mais « la France n'ira pas seule », prévient-il, pour ce qui est de la réduction volontaire de la collecte autorisée par la Commission européenne en application de l'article 222 de l'organisation commune des marchés agricoles (OCM). Pourtant, certains États ne semblent pas prêts à limiter leur production, et pourraient même « utiliser l'intervention comme un débouché stable ».
« Enfin une position commune »
Le 25 mai aura lieu au Parlement européen une réunion rassemblant l'ensemble des opérateurs laitiers. Le président de la FNCL se félicite du travail mené « au niveau interprofessionnel, en lien avec le ministère, pour établir une position commune France. La seule façon de pouvoir faire évoluer les choses dans leur ensemble, d'autant plus au niveau communautaire. »
Dans son discours de clôture adressé au ministre de l'Économie Emmanuel Macron, invité mais absent, Dominique Chargé dénonce la loi de modernisation de l'économie (LME), « générant une spirale déflationniste et l'appauvrissement collectif ». Il n'est pas davantage convaincu par les contrats commerciaux tripartites entre distributeurs, industriels et producteurs. Le président de la FNCL interpelle également les pouvoirs publics sur leur rôle à jouer dans la gestion de la volatilité : « C'est au niveau européen qu'il faut être meilleur et plus influent. » La FNCL souhaite une réflexion sur la création d'assurance marge pour les producteurs, à l'instar du Farm Bill américain.
La matière agricole dans un monde dématérialisé
Au cours de la séance « témoignage » de cette assemblée générale, des intervenants ont présenté les tendances actuelles et futures en matière de consommation et de distribution. Les évolutions des habitudes alimentaires dans les pays émergents, en pleine croissance et urbanisation, pourraient permettre de dégager des marchés potentiels dans l'avenir, mais le ton reste prudent. Concernant les pays développés, l'accent a été mis sur la révolution « numérique » qui vient chambouler les systèmes de distribution (drives, livraisons à domicile...). Lors de la table-ronde qui a suivi, les participants (représentants de Sodiaal Union, Even, InVivo, France Frais et la Fédération du commerce et de la distribution) ont eux aussi relevé l'importance de se positionner sur ces nouveaux créneaux.
M.B.
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