En 2011, Lactalis lance une offre publique d'achat sur le groupe laitier Parmalat, fleuron de l'industrie agroalimentaire italienne. Grâce à cette acquisition de 4,3 milliards d'euros, le groupe français est devenu l'un des premiers opérateurs industriels laitiers et fromagers sur le marché mondial. Depuis, Lactalis ne cesse de racheter en bourse les actions Parmalat qui restent à vendre, alors qu'elle en est déjà largement majoritaire (84 %). Il semblerait que le groupe français veuille s'accaparer 100 % du capital afin de sortir du marché boursier. Il n'aurait ainsi plus de comptes à rendre aux autorités de régulation qui le surveillent. Car depuis deux ans, les Italiens en appellent au pouvoir politique, à la justice et à l'autorité de régulation des marchés, la Consob, pour faire la lumière sur les agissements de la famille Besnier.
Petits actionnaires
Par exemple, Lactalis a vendu à Parmalat sa filiale Lactalis American Group, pour 774 M$. S'agissait-il d'un transfert de trésorerie, d'une réorganisation des bilans des sociétés ou, comme le dénonçaient les petits actionnaires, d'un prix surévalué. En novembre dernier, le tribunal de Parme n'y a rien vu de mal, mais sous la pression médiatique en février, neuf des onze administrateurs de Parmalat ont démissionné. En revanche, en janvier, l'autorité des marchés a sanctionné, dans le cadre de cette opération, trois administrateurs en prononçant à leur égard trois amendes de 180 000 €. Lors de la reconstitution du conseil d'administration, en avril, les statuts de Parmalat ont été modifiés afin de réduire à un seul siège la représentation des petits actionnaires, qui disent ne vouloir vendre sous aucun prétexte les actions qu'ils leur restent. Ils n'ont pas apprécié le tour de passe-passe. Déjà l'été dernier, Giani Fava, adjoint lombard à l'agriculture, avait écrit à Stéphane Le Foll pour dénoncer le comportement irrespectueux de Lactalis vis-à-vis des éleveurs italiens.
NADIA SAVIN
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