Les producteurs ont fait le gros dos au premier semestre, tablant sur une remontée des cours au second... qui n'a pas lieu. Avant la table ronde du 24 juillet, les annonces des entreprises pour le troisième trimestre laissaient présager un prix 2015 s'acheminant vers les 300 s/1 000 l. Ce serait alors un décrochage de 60 s par rapport à 2014. Plutôt que se réveiller groggy à Noël, les producteurs ont choisi de se mobiliser dès l'été.
Espérons que l'engagement des GMS à valoriser le lait à 340 €/1 000 l, et plus selon les produits, aura une traduction concrète sur les prochaines factures. Espérons que les industriels qui ont une forte part de produits à marques nationales n'oublieront pas qu'ils bénéficient de tarifs de vente garantis pour un approvisionnement à ce niveau.
Six ans après la grève du lait, la filière n'est toujours pas prémunie contre les amples fluctuations du marché. On peut prétendre que les éleveurs ont des coûts encore trop élevés. La question vaut certes la peine d'être posée. Ils sont aussi en droit d'interpeller les entreprises sur leur compétitivité.
La filière ne peut plus faire l'économie de discussions sur la volatilité. Qui doit en assumer les risques ? Les coopératives ont le mérite de s'être emparées du sujet et d'y répondre par leurs prix A et B. La crise actuelle montre leur limite : les deux dévissent ensemble. Il est plus gênant pour les industriels privés qui n'ont pas demandé aux producteurs leur avis pour exporter. Des exportations qui, rappelons-le, sont indispensables à la collecte française.Espérons qu'un nouvel équilibre émergera à la signature des nouveaux contrats en 2017.
Par Claire Hue, rédactrice
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