« Pourrir l'année de tous les traîtres, les charognards, les trouillards, les lèche-cul qui veulent asservir le peuple trayeur » : les voeux du président de l'Apli sur le site de l'association sont d'une violence extrême. La situation catastrophique dans laquelle se trouvent nombre de producteurs et le manque de perspectives d'avenir, sinon celle de « bouffer » son voisin pour tenter de survivre, n'excusent pas tout. Et surtout, ces mots sont aussi inutiles que contre-productifs pour le défi majeur qui attend les producteurs : unir leurs forces et leurs intelligences. Mais pas se déchirer, pendant que la transformation continue sa restructuration, à marche forcée, poussée par la crise des marchés. Après Entremont appelé à entrer sous la coupe de Sodiaal ou d'autres, ce sont aux leaders de la coopération de l'est de mettre leurs querelles de chapelles de côté pour annoncer un rapprochement.
Ce sera donc demain, face à des industriels encore plus forts, qu'il faudra peser, à l'interprofession ou ailleurs. Tout le monde, la FNPL et les JA de façon discrète, la Confédération, l'OPL derrière l'Apli de façon très médiatique, appelle à ce regroupement des producteurs. À quand alors une paix salvatrice et des initiatives pour nouer le dialogue si vous êtes en phase sur l'essentiel. Mieux vaudrait focaliser toute la hargne du moment sur la bonne cible. Les politiques sont les seuls à pouvoir changer l'avenir, donner une vraie chance à la régulation et, pourquoi pas, au modèle canadien, un rêve inaccessible dans le contexte actuel européen. Car le coeur du débat pour le futur de la filière lait n'est que politique. Encore faut-il trouver un élu qui ait l'agriculture chevillée au corps en dehors des périodes électorales. Et surtout vraiment l'envie de porter le débat au Parlement européen. C'est à cette échelle que tout se joue.
Par Jean-Michel Vocoret, rédacteur en chef
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