Inutile de vociférer contre la passivité d'un Phil Hogan face à la crise laitière. L'homme est sourd aux désastres humains qui se jouent derrière. Car il ne fait que le job d'exécuteur des basses oeuvres de décisions prises il y a des années. La responsabilité en incombe aux politiques que nous avons élus pour nous représenter et aux États de cette UE qui n'a plus d'union que le nom.
C'est d'abord à nos propres hommes politiques français qu'il faut en vouloir. Eux qui, ces dernières décennies, ont laissé les libéraux d'Europe du Nord miner les institutions européennes. J'en veux au ministre de l'Agriculture qui, pour la France, a acté la fin des quotas sans prévoir de vrais garde-fous. Certes, il avait l'Europe du Nord contre lui. Mais en 2011, il y a eu cette étude de chercheurs de l'Inra sur les conséquences à attendre de la fin des quotas. La guerre économique entre les producteurs européens que nous vivons y était décrite. Au lieu de mettre le couvercle dessus, Bruno Le Maire aurait pu s'en servir pour mettre les pays devant leurs responsabilités.
J'en veux aussi au cynisme de ces États cachés derrière la Commission, qui jouent avec vos nerfs. On vous a expliqué que des mesures de régulation avaient été prises. Sauf que, sans même parler finances, elles seront volontaires. Autant dire sans effet. Puis on vous a renvoyés à une rencontre au Parlement européen le 25 mai, qui a été tout sauf extraordinaire, comme annoncé. On en est rendu à un Phil Hogan qui attend des idées pour la fin juin. Le choix est pourtant limpide. Ou tout le monde régule et on préserve les outils de production de demain. Ou on continue à s'entre-tuer et le marché se redressera quand il y aura assez de morts. C'est de cela qu'il faut débattre.
Par Jean-Michel Vocoret, rédacteur en chef
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