Les AOC franc-comtoises ont une peur bleue de l'après-quotas, celle d'être débordées par un afflux de lait déconnecté de ce que leurs différents marchés peuvent digérer en plus chaque année. Et, en conséquence, de voir plonger un prix du lait qui tutoie aujourd'hui les 450 à 500 €/1 000 l. L'UE a certes accordé aux fromages sous signe de qualité la possibilité de gérer leur volume, mais interdiction de maîtriser la production laitière. Ne pouvant compter que sur le volontariat des uns et des autres, les Francs-Comtois ont décidé de miser sur l'intelligence collective qui a fait jusqu'alors leur succès. C'est le fil directeur de l'action Modlait qui ambitionne de gérer le problème à la source. Cela en faisant comprendre aux producteurs que l'on peut gagner davantage sans forcément produire plus, en optimisant son outil. Bref, selon les cas, en modérant sa production plutôt qu'en la boostant.
De la modération à la modulation de la production
Les difficultés rencontrées par les producteurs francs-comtois depuis deux ans pour réaliser leur référence laitière ont un peu recalé l'objectif de la démarche. Ou plutôt son emballage. On ne parle plus de Modlait comme d'un outil de modération mais de modulation à la hausse ou à la baisse de la production selon le contexte. Pour autant, la logique reste la même. Il s'agit d'intervenir à l'échelle d'une fruitière coopérative ou d'une laiterie, pour y recenser l'ensemble des projets individuels des producteurs et leur faisabilité. Traduisez : à l'échelle de l'exploitation mais aussi de l'entreprise selon les capacités de transformation, les perspectives de débouchés ou le potentiel de croissance du marché de l'AOC concernée.
Cette démarche en test sur quatre sites se déroule sur trois ans, le temps pour des allers-retours entre les niveaux individuels et la fromagerie.
J.-M. V.
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