Moins de deux ans avant la fin des quotas, l'incertitude domine dans les esprits des éleveurs. Contrairement à d'autres, la Bretagne produit son quota. Mais les éleveurs se préparent-ils à produire plus après 2015 ?
Les chambres d'agriculture bretonnes ont réalisé une étude prospective pour tenter d'y voir plus clair. Sur la base de diverses hypothèses d'évolution de la conjoncture, les stratégies des éleveurs ont été simulées afin d'évaluer les impacts sur la structure de la production. Il en résulte que dans tous les cas, le recul du nombre d'exploitations se poursuit. Ce n'est pas une surprise. De 14 000 en 2010, il tomberait à 7 400 en 2025 si les marchés restaient durablement dynamiques. Chacune produirait un million de litres de lait.
À l'inverse, le scénario le plus pessimiste table sur une récession mondiale lourde de conséquences pour la filière. Il ne resterait alors que 4 300 exploitations produisant en moyenne 1,2 Ml. Leur résistance s'appuierait sur une réduction massive des coûts de production et des investissements.
La production pourrait augmenter d'un quart
Un recentrage sur les marchés européens permettrait le maintien de 6 400 exploitations à 800 000 l de lait. Enfin, la poursuite de la flambée des prix des céréales et le renforcement des réglementations environnementales limiteraient le nombre d'exploitations à 5 200. Leur production moyenne se situerait à 600 000 l.
Le scénario le plus probable reste celui de la poursuite de la situation actuelle : des marchés mondiaux porteurs mais une forte volatilité des prix. Dans ce cas, il resterait 5 800 exploitations à 1 Ml ; mais surtout, la production totale de la région augmenterait de 25 %. Ceci suppose que les industriels investissent pour conquérir des parts de marché à l'export. Et aussi que les éleveurs trouvent des solutions pour faire face à une main-d'oeuvre limitante.
Des travaux du même type vont être réalisés à l'échelle des autres bassins laitiers afin de mieux évaluer les perspectives.
PASCALE LE CANN
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