Jean-Luc Dischamp, actionnaire de la Société laitière des Monts d'Auvergne à Theix (ex-Toury, détenue à 30 % par Dischamp et 70 % par le Glac) n'a pas la réputation de mâcher ses mots : « Le monde n'est pas juste, le marché et le prix du lait ne le sont pas davantage ! Alors que certains marchés se portent mal et mettent nos entreprises en difficulté, nous ne sommes pas tenus de payer le lait au prix Crielal qui est un simple prix de recommandation, dont la disparition est imminente. Nous en restons à cette position pour faire appel », explique-t-il en allusion à l'ordonnance signifiée le 1er février dernier. Elle a condamné la Société laitière des Monts d'Auvergne à rembourser la retenue dénommée «situation conjoncturelle» appliquée sur les payes de lait de juillet à décembre 2011. Soit un total de près de 50 000 € répartis entre les 38 producteurs ayant lancé l'action en justice (voir p. 30, L'Éleveur laitier de mars 2012).
Du lait mal valorisé
« L'Auvergne se caractérise par un marché à deux vitesses avec du lait revendu à l'étranger outransformé en poudre de lait à des prix non compétitifs, car nous ne disposons pas ici d'outil de séchage, et du lait transformé en AOP dont certaines sont performantes, poursuit Jean- Luc Dischamp, par ailleurs directeur de la Laiterie de la montagne, à Saint-Nectaire, et président du syndicat de l'AOP saint-nectaire. Un fossé s'est creusé entre la valorisation du lait destiné aux produits industriels ou aux fromages (AOC...). Les entreprises de la région ont besoin de lait mais auront du mal à gérer leurs excédents. » Une réalité dont les producteurs sont conscients en voyant se profiler des prix différents d'une entreprise à l'autre. « Nous allons vers un bel imbroglio. À l'avenir, il faudra choisir entre une cote mal taillée pour tout le monde ou deux prix dont un seul sera élevé. Nous n'aurons pas d'autres choix. »
MONIQUE ROQUE-MARMEYS
Quelles marques ont immatriculé le plus de tracteurs en France en 2025 ?
Le bale grazing à l’essai
Les pratiques économiques des tractoristes dans le collimateur de l’État
Viande bovine : « Le rendez-vous avec la demande mondiale est manqué par l’UE »
La Commission européenne projette la perte de 2,85 millions de vaches d’ici 2035
Quelles sont les nouveautés fiscales et sociales pour l’agriculture en 2026 ?
Vote du traité UE-Mercosur : « pas la fin de l'histoire », dit Genevard
Crise agricole : Sébastien Lecornu annonce une loi d’urgence
Taxe carbone : l'UE fait finalement une exception pour les engrais
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs