Les marchés redémarrent dans le bon sens pour les fromages savoyards. Comme nombre d’AOP, ils ont été durement touchés en début de confinement par la fermeture prématurée des stations de ski, celle des rayons coupe et de la RHD. « Nous sommes agréablement surpris », constate Marie-Louise Donzel, présidente de l’ODG reblochon, 3e AOP nationale avec 17 000 t. Le système d’écrêtement du lait de printemps organisé dans le cadre du RRO, et qui court habituellement de mars à fin juin, a été levé dix jours plus tôt que prévu. « Alors que certains manquaient de plaques de caséine, nous avons aussi voulu envoyer un signal positif aux producteurs mis à rude épreuve. Au début de la crise, nous leur avions demandé de baisser leurs livraisons de 20 %. Fragile, le reblochon n’est pas un fromage de garde. »
Les reblochons fermiers (3 000 t) ont plus souffert que les laitiers, plus présents dans les linéaires des GMS. Leurs ventes se sont littéralement arrêtées, à l’exception de celles des magasins de producteurs ou de coopératives bien placés. Les opérations de dons cofinancés par la filière, le Crédit Agricole, les collectivités locales (10 t distribuées aux soignants…) ont aidé. Pour compenser les destructions de fromages (une dizaine de tonnes), un fonds d’indemnisation interne a été activé.
Le salut de la communication
En cette période très difficile, le salut est venu de la communication. Les spots télé, prévus pour être diffusés, ont été maintenus et adaptés. « Ce fut une vraie réussite, note l’éleveuse de La Clusaz. Nous avons enregistré des taux d’audience jamais atteints. Nous avons, en parallèle, mis les bouchées doubles sur les réseaux sociaux, avec des quiz, des recettes… » Pour limiter l’impact de la crise, d’autres mesures ont été prises : transformation de lait reblochon en filière abondance (un fromage de garde dont les stocks étaient bas) dans les zones de production à double appellation, dégagement de lait sur l’Italie, essai de fonte (juste 1 t). Il n’y a pas eu de report au froid.
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