La ferme de l'entrepreneur en BTP Michel Ramery est sous la menace d'une injonction d'abaisser ses effectifs à hauteur de 500 vaches.
Le débat autour de la ferme dite « des 1 000 vaches » a ressurgi après la parution d'un article dans la revue environnementaliste Reporterre, le 8 juin dernier. Un ex-salarié y faisait état de maltraitances des animaux, mais aussi du personnel. Il fournissait même la photo « choc » d'une vache ayant fait un retournement de matrice, pour illustrer ce témoignage largement repris dans la presse. De là à parler d'entrisme, une stratégie adoptée par les activistes de la cause animale outre-Atlantique, il n'y a qu'un pas. En tout état de cause, le contrôle inopiné diligenté par la préfecture dès le lendemain n'a constaté aucun manquement aux bonnes conditions d'élevage. En effet, à moins d'interdire le zéro pâturage, ce que nous avons observé sur place ne diffère pas des pratiques couramment rencontrées en élevage laitier, effectifs mis à part. Mais ce sont justement les effectifs qui étaient au coeur de l'actualité, une semaine avant le jugement en appel de neufs militants de la Confédération paysanne pour les dégradations commises sur le site.
Un dépassement de 296 animaux
Car l'ex-salarié a aussi dénoncé le dépassement du seuil de 500 vaches autorisé par arrêté préfectoral de février 2013. Une situation confirmée par les inspecteurs de la Direction départementale de la protection des populations : « Lors de l'inspection, un effectif de 796 laitières a été constaté, soit un dépassement de 296 vaches. » Sommé d'apporter des explications, Michel Welter, le responsable de l'exploitation, estime être dans la légalité et rappelle que le permis de construire a été accordé pour des installations dimensionnées pour 1 000 vaches. « Le projet a d'abord été limité à 500 vaches car nous n'avions pas la surface d'épandage nécessaire, ce que nous avons solutionné en supprimant l'apport de déchets extérieurs pour alimenter le futur méthaniseur, explique-t-il. Nous avons ensuite déposé un dossier de regroupement de troupeaux qui, selon le décret du 17 janvier 2011, nous autorise à augmenter nos effectifs dans la limite de deux fois le seuil d'autorisation de 200 vaches. » Ce décret n° 2011-63 a pour objet de simplifier les procédures lors des regroupements ou modernisations d'élevages. Mais il peut être soumis à interprétations. C'est pourquoi la préfète, Nicole Klein, a annoncé qu'elle prendrait un arrêté de mise en demeure visant à abaisser les effectifs à 500 vaches à l'issue d'une analyse contradictoire avec l'exploitant. Quant aux militants de la Confédération, la cour d'appel d'Amiens a mis sa décision en délibéré au 16 septembre.
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