Regrets. Ermitage regrette encore le choix de Blamont de ne pas la rallier. Mais ses adhérents ne sont pas les plus à plaindre.
L’échec, fin 2012, du projet d’une coopérative régionale du Grand Est, pesant 800 Ml de lait et 70 000 tonnes de fromages, en associant le groupe Ermitage (ULV, UAC-CLFC), la coop de Blamont et l’ULM, a laissé un goût amer. Le président d’Ermitage, Daniel Gremillet, y est brièvement revenu pour clôturer son assemblée générale, exprimant « sa profonde tristesse » de ne pas avoir vu les « Blamont » les rejoindre. Outre le renforcement de la coopération régionale, ce mariage de fromagers aurait notamment permis de structurer la filière bio, sujet récurrent dans l’Est. Blamont avait les outils industriels de petite taille où il aurait été possible de s’y lancer, diversification plus délicate à enclencher pour les usines Ermitage de dimensions supérieures.
Mais ceux qui peuvent nourrir le plus de regrets de ce mariage raté , ce sont les ex-Blamont. Leur prix du lait suit, depuis fin 2012, celui de Sodiaal avec laquelle ils ont fusionné en 2013. Sur le terrain, un nombre grandissant d’entre eux, au rang desquels les minoritaires favorables à l’époque au rapprochement avec Ermitage, ne décolère pas. Il est vrai que la comparaison des chiffres est pour l’instant cruelle. D’après notre observatoire, depuis 2013, les ex-Blamont devenus Sodiaal ont perçu pour du lait à 38/32 super A, 20 €/1 000 litres de moins en moyenne que les coopérateurs franc-comtois UAC-CLFC associés à l’Ermitage… et 30 € que ceux de l’ULV, coopérative historique du groupe. L’écart est un peu moindre pour du lait de qualité moyenne(1), plus proche de ce qui est en réalité collecté (17 € de moins par rapport à UAC-CLFC, 22 € comparé à ULV).
Prix et volumes pour les livreurs Ermitage
Cet écart s’est accentué depuis deux ans, le groupe Ermitage, avec sa spécialisation sur les fromages, étant bien moins exposé que Sodiaal aux aléas des cours du beurre-poudre et du marché mondial. Cerise sur le gâteau pour les coopérateurs Ermitage, la gestion des sous-réalisations au niveau du groupe a permis, ces trois dernières années, des rallonges allant jusqu’à 15 % (2015-2016), voire 20 % (2014) payées à 100 % du prix d’acompte, avec, selon le niveau de lait supplémentaire par rapport à référence au 31 mars 2015, tout ou partie des compléments de prix octroyés.
(1) Simulation pour la qualité moyenne d’un pic à plus de 300 000 cellules deux mois l’été et d’un niveau à moins de 250 000 deux mois l’hiver.
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