À la veille de son assemblée générale, l'APLBL se posi-tionne sur la cessibilité des contrats, avec la création d'une réserve pour gérer la redistribution des volumes.
Chez les livreurs Lactalis du Grand-Ouest, la fin des quotas fait rejaillir des débats enterrés il y a trente ans. D'un côté, des éleveurs trop longtemps bridés affichent leur soif de liberté. Ils veulent pouvoir reprendre, voire acheter, les contrats de ceux qui arrêtent le lait. D'autres, en fin de carrière, souhaitent pouvoir valoriser leur contrat. Cette tendance s'est clairement exprimée à l'OPLGO qui a signé un accord avec Lactalis entérinant un mode de libre-échange des contrats entre éleveurs (voir L'Éleveur laitier n° 233, p. 17).
En face, certains restent attachés à une gestion collective et non marchande des volumes. C'est la position du bureau de l'Association des producteurs Lactalis de Bretagne et Pays de la Loire. « Beaucoup ont besoin d'un volume modéré pour conforter leur élevage. L'organisation de producteurs doit répondre à cette demande, sans créer des charges nouvelles », justifie le président Frédéric Lachambre. L'APLBL se prononce donc pour une gestion des volumes libérés, au sein de l'OP, via la création d'une réserve et selon des règles à définir. Il s'agit d'éviter l'émergence d'une forme d'individualisme pouvant restreindre la croissance de ceux qui ne veulent pas acheter des contrats.
Il n'empêche que la cohabitation de deux systèmes aussi différents sur un même bassin interroge. Elle crée un risque de concurrence entre OP. Et puis, l'industriel acceptera-t-il cette complexité ? Ne cherchera-t-il pas à reprendre la main face à la division des éleveurs ? « Nous pouvons fonctionner ainsi pendant un an puis évoluer », tempère Frédéric Lachambre.
Au-delà de la gestion des volumes, l'OP se positionne aussi vis-à-vis du recours juridique des OP Normandie-Centre et de Cuincy contre Lactalis sur le prix du lait. L'APLBL reste dans la ligne de l'Unell.
Recours juridique : la médiation débute
« Lactalis n'a pas respecté le contrat mais le conflit ouvert n'est pas la solution. Dans cette période charnière, mieux vaut avancer par la négociation. » Un coup dur pour les deux OP qui espéraient le renfort des Bretons. Elles ont recueilli 320 à 330 mandats de producteurs, soit près de la moitié de leurs adhérents. En Basse-Normandie, sans doute l'application de la saisonnalité prévue dans le contrat sur le prix de base payé aux membres de l'OPNC pour le lait de février a-t-elle douché l'élan de certains. L'indice négatif ce mois-là le porte à 295,15 €/1 000 l (hors flexibilité) contre 310,15 € pour les autres « Lactalis » (www.prosdulait.fr). Parallèlement, la procédure juridique avance. La médiation, étape préliminaire à l'action en justice, démarre ce début d'avril.
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