Depuis le 1er mai 2009, qui a signé la fin des quotas gérés par Berne, les producteurs suisses ont l'obligation de signer un contrat d'au moins un an avec une laiterie pour vendre leur lait. Ce sont ces volumes contractuels engagés en 2009 qui vont servir de base à l'interprofession pour gérer, chaque trimestre à la hausse ou à la baisse, l'offre de lait sous contrat, prérogative que devait lui reconnaître le gouvernement helvétique (voir page 18).
Là ou le bât blesse, c'est que derrière ces quantités contractuelles se cachent des droits historiques et des quantités supplémentaires accordées par Berne depuis 2006, mais pas toujours en phase avec les besoins d'un marché, qui, de surcroît, s'est retourné depuis. Résultat : les producteurs s'attendaient, fin décembre, à une baisse de leurs volumes de lait contractuel théoriquement rémunéré au prix du marché suisse… le dispositif interprofessionnel a été conçu pour cela.
Selon le principe dit ici du « responsable-payeur », cette réduction s'appliquera seulement à hauteur de 20 % sur les quotas historiques des exploitations et à 80 % sur les quantités supplémentaires. On évalue ces dernières entre 0,2 et 0,3 Mt, qui s'ajoute aux 3,2 Mt « historiques ». Ce n'est qu'une estimation, certaines laiteries ayant fait resigner des contrats à l'automne anticipant sur ce mécanisme pénalisant les éleveurs ayant peu de droits historiques. Et même parfois pas, comme certains opportunistes qui, avant la fin des quotas ont vendu leur référence, quitter leur organisation de producteurs pour rejoindre une organisation sous contrôle d'une laiterie… et signer avec elle un contrat de lait avec 100 % de lait supplémentaire.
J.-M. V.
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