À la question « Qui a déjà vécu un accident de barrière ? », la moitié de l'auditoire venu se renseigner aux Prairiales Normandie mi-juin répond par l'affirmative. Cela n'étonne pas les élèves de la troisième série technologique 2010-2011 de la maison familiale et rurale d'Haleine (Orne). Ils ont enquêté chez vingt-quatre éleveurs laitiers ou allaitants durant l'hiver.
Certains étaient contactés pour connaître les circonstances de leur accident, d'autres sans renseignement préalable. Au final, vingt-trois des questionnés reconnaissent des blessures. Pour la moitié, il s'agit d'hématomes. Pour l'autre moitié, c'est beaucoup plus grave : fractures et foulures (un quart), coupures et traumatismes crâniens. « 45 % se sont retrouvés coincés, projetés, écrasés. Un éleveur a même perdu connaissance », soulignent les élèves. Les accidents les plus fréquents se déroulent dans le bâtiment, essentiellement en stabulation mais aussi en salle de traite et dans le parc d'attente. « Un quart concerne des interventions sanitaires, 21 % un tri de taurillons et 17 % une entrée en salle de traite. »
Rester vigilant
« Un accident de barrières peut survenir à tout moment, avertit Dominique Lamour, du GDS de l'Orne, partenaire de l'enquête. Il faut être particulièrement vigilant dans les gestes répétitifs et communs. » Afin d'éviter les retours de barrière violents, MFR Haleine et GDG Innovation travaillent à la mise au point d'un frein pour régler la vitesse de la barrière sur le pas de l'éleveur, avec des clapets antiretour.
CLAIRE HUE
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