E
n 2006, nous projetions une hausse du prix du lait nécessaire de 35 €/1 000 l pour maintenir le revenu de 2013 par rapport à 2003. Nous sommes sur ce scénario », observe Alain Leboulanger, économiste à CER France Manche. Le centre de gestion du deuxième département laitier français prévoit, sur les exercices comptables de l'année civile 2011, une hausse du prix de l'engrais de 30 %, de l'aliment de 15 %, de la paille de 15 % (effet sécheresse) et du fioul de 50 %.
360 à 370 euros/1 000 l en 2011 dans la Manche
Cela représente une augmentation de charges de 13 500 € sur une exploitation laitière spécialisée moyenne de la Manche de 360 000 l de lait et 88 ha. « À volume égal, pour une hausse de prix du lait prévisionnelle de 20 à 30 €/1 000 l, les charges devraient croître plus que les produits », pronostique Xavier Beaufils, responsable méthodes et conseils. Conséquence, l'EBE prévisionnel se tasse : 66 000 € contre 71 000 € en 2010. Selon CER France Manche, pour bénéficier réellement d'un prix moyen du lait à 360 ou 370 €/1 000 l, il faudra produire tout le lait proposé (hausse de quota, prêt de fin de campagne). Avec 5 % de livraisons supplémentaires, l'exploitation moyenne prise en exemple dégagera un EBE de 71 700 €. « De quoi combler définitivement le trou de trésorerie creusé par la crise de 2009. L'année 2010 n'a permis d'en récupérer que la moitié. » Dans un contexte de sécheresse, les substituts fourragers seront déterminants.
CLAIRE HUE
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