L'entreprise de sélection Créavia (Bretagne-Pays de la Loire) quitte le navire de la sélection collective normande pour développer son programme « Créavenir normand ». Elle représente 20 % des inséminations artificielles de la race et 30 % de sa ressource génétique. Jusqu'à présent, elle était fédérée avec Amélis et Dynamis'no au sein de Génétique normande avenir (GNA) pour mener un seul programme de sélection. L'encombrante prim'holstein, avec laquelle la normande cohabite au sein des trois entreprises de sélection, plane dans cette décision. « Créavia souhaitait une structure normande unique et autonome, rassemblant la sélection, la promotion et les missions régaliennes. Elle aurait permis à la race de s'affranchir de la concurrence qui sévit entre les trois entreprises de sélection au niveau de la prim'holstein. Nos partenaires Amélis et Dynamis'no ont préféré conserver la nouvelle organisation. Nous en avons pris acte », déclare Armel Plouzeau, président de Créavia et éleveur normand.
GNA s'est réorganisé, il y a deux ans, d'abord en partageant une direction commune avec le nouvel OSN (ex-Upra), ensuite en décidant une plus grande implication des techniciens des trois ES dans le suivi du schéma. Parallèlement, une commission génétique, constituée des responsables en charge de la sélection normande dans les trois ES, a été créée pour piloter la sélection normande.
Maintenir le fonds commun de semences normand
« Nous n'étions pas favorables à cette réorganisation. Elle a conduit à un GNA à minima avec le démantèlement d'une équipe de techniciens qui faisait référence. » L'arrivée de la génomique dans la sélection a amplifié les désaccords et sans doute accéléré le divorce. À l'instar de son programme « Créavenir prim'holstein », les femelles normandes intéressantes, détectées à partir de leurs index génomiques, rejoindront les deux stations de donneuses d'embryons que Créavia vient de créer. Un contrat sera signé avec les éleveurs propriétaires des animaux, un autre avec les propriétaires des femelles receveuses. L'entreprise de sélection souhaite malgré tout maintenir sa participation au fonds commun de semences normand. Les éleveurs continueraient ainsi à avoir accès à l'ensemble de la création génétique. Reste à l‘organiser et à finaliser la sortie de Créavia de GNA. Ce sera l'objet des discussions entre les trois ES, le 12 novembre.
CLAIRE HUE
Quelles marques ont immatriculé le plus de tracteurs en France en 2025 ?
Le bale grazing à l’essai
Viande bovine : « Le rendez-vous avec la demande mondiale est manqué par l’UE »
Les pratiques économiques des tractoristes dans le collimateur de l’État
Neige : 12 millions de litres jetés à la fosse
Quelles sont les nouveautés fiscales et sociales pour l’agriculture en 2026 ?
Taxe carbone : l'UE fait finalement une exception pour les engrais
Trois hivers de mobilisation : une ère d'incertitudes pour les agriculteurs
Décarbonation : transformer la contrainte en opportunité
Le gouvernement veut appliquer des mesures fiscales en faveur des agriculteurs