Des producteurs bios viennent de lancer en France un nouveau label, baptisé « Lait de foin » déjà connu et protégé par l'Union européenne dans les pays germaniques, a-t-on appris mardi auprès des initiateurs.
Cette appellation reconnue officiellement en mai dernier par l'Inao (Institut national de l'origine et de la qualité) garantit un lait issus de vaches nourries d'« au moins 7 5% d'herbe ou de foin, sans fourrage fermenté (c'est-à-dire conservé avec de l'humidité par anaérobie, ce qui peut entraîner des risques sanitaires, NDLR) et sans OGM », selon le dossier de presse.
Le label bio n'est pas une condition pour avoir le label « lait de foin » mais les 40 producteurs « lait de foin » recensés à ce jour sont bios, selon l'agence chargée de leur communication. « Depuis 2007 et la substitution du label européen au label français, le cahier des charges bio n'a plus d'exigence sur le mode de conservation du fourrage », explique à l'AFP Patrick Mercier, producteur de lait bio labellisé « lait de foin » à Champsecret (Orne). Or la conservation à sec des aliments permet d'éviter le développement de listerias possible en cas d'ensilage d'herbe humide, ou de salmonelle en cas d'ensilage de maïs, poursuit l'éleveur normand. En outre les aliments secs ont « sont meilleurs pour le goût » que les aliments fermentés qui sont « des fourrages très odorants qui vont perturber le goût du fromage », ajoute ce fabricant de camembert bio et fermier.
Le label bio n'impose pas de pourcentage d'herbe mais exige que les vaches soient dehors dès que possible et interdit les produits chimiques dans l'alimentation des animaux. « Comme en pratique il n'est pas simple de faire du maïs bio, les producteurs de lait bio ont en pratique une part très importante d'herbe dans l'alimentation de leurs vaches », précise Patrick Mercier.
L'association « Lait de foin » affiche 215 points de vente en France, essentiellement dans l'ouest, et compte monter à 120 producteurs d'ici à fin 2019 contre 40 aujourd'hui. En Autriche, le « lait de foin » (« heumilch ») représente 450 millions de litres de lait (15 % de la production totale) et 600 produits laitiers différents, assure l'association. Près de 90 % des consommateurs connaissent cette dénomination dans ce pays, selon la même source. L'association estime que près de 20 millions de litres de lait pourraient bénéficier en France de cette spécialité traditionnelle garantie (STG), un des quatre signes officiels de qualité (SIQO) reconnus et garantis par l'Europe avec notamment l'AOP et l'Agriculture biologique.
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