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Paroles de lecteursManque de fourrage : et vous, comment allez-vous passer l'hiver ?

N'hésitez pas à partager vos idées et solutions, en commentant cet article. (©Élevage Marre // Création Terre-net Média)
N'hésitez pas à partager vos idées et solutions, en commentant cet article. (©Élevage Marre // Création Terre-net Média)

C'est la question que beaucoup d'éleveurs se posent suite à la sécheresse historique du printemps et de l'été 2022. Gérer plus finement le pâturage, se tourner vers d'autres aliments, décapitaliser le cheptel, voire... arrêter les vaches : telles sont les stratégies que proposent les lecteurs de Web-agri.

Romain Foucaud n'est « pas sûr de l'économie réalisée en sevrant des veaux à 200 kg pour les complémenter à l'aliment ». Il préconise plutôt « des vaches avec des qualités maternelles et une bonne gestion du pâturage ».

« Sevrer les veaux à 200 kg n'est pas la solution », juge Romain Foucaud. Et « en période de sécheresse, le pâturage est vite géré !!! », rétorque Ghislaine Perrin.

Romain Foucaud acquiesce : « C'est sûr, on ne fait pas de miracle. » Il nuance cependant : « Découper les parcelles en paddocks, avancer au fil, choisir les bonnes variétés d'herbe... permet de débrayer des parcelles pour la fauche et de gagner 2/3 semaines avant d'ouvrir les stocks fourragers pour l'hiver. C'est toujours ça de gagné et ça fera baisser les charges de mécanisation et de fertilisation. »

« Mieux gérer le pâturage ? Faudrait de l'herbe ! »

« Tu la trouves où l'herbe cette année ??? », lui demande Sébastien Barbier. Une question que se posaient encore, mi-septembre, certains lecteurs même après les pluies tombées.

Elle a poussé sur Twitter, pas dans mes prairies !

Suite à l'article Vu sur Twitter − Les vaches retrouvent (presque partout) le plaisir de l'herbe fraîche paru sur Web-agri, Sébastien Champion notamment s'interrogeait sur Facebook : « C'est une blague ? Elle n'est pas drôle... » « Sur Twitter oui, mais pas dans mes pâtures ! », ironise Cyril Ballan. « Les prairies reverdissent mais il y a très peu d'herbe », confirme Stéphane Cottin.

« Plus de tourteau, des betteraves, des arbres... »

Catherine Parisel-Labas compatit : « Comme la sécheresse de l'été 2022 a obligé les éleveurs à nourrir leurs bêtes avec les fourrages prévus pour l'hiver, j'espère qu'ils trouveront une solution pas trop onéreuse. »

Joséfa Lopez suggère de se tourner vers « la betterave ou le tourteau ».

Autre proposition de Jean-Yves Petiot : « élaguer des arbres pour nourrir les troupeaux ». « C'est du taf, reconnaît-il, mais ça marche. » Les arbres fourragers, des éleveurs avaient eu cette idée début juillet déjà, comme le montre le Paroles de lecteurs : En manque d'herbe, mais pas d'idées pour y faire face ! 

... ou faucher les bords de route

De même que faucher les bords de route. « Allez hop, vive la faucille ! », lance Sébastien Benoît.

«  Ben va en falloir pour faire une botte ! N'importe quoi !! », réplique Maryline Battejat. Pour 1 ou 2 jours , OK mais ce n'est pas avec un peu d'herbe du fossé que vous allez nourrir 50 vaches et leurs veaux... »

Va en falloir pour faire une botte !

Et Joëlle Michel d'enchaîner : « Évidemment que tu n'alimentes pas tout un cheptel ! ».

Face à cette suggestion qu'il attribue, comme d'autres lecteurs, au grand public, Olivier Rey craint de « ramasser les poubelles jetées des voitures ».

Débats sur le foin en libre-service

Gil Chavallier estime, quant à lui, que « donner du foin en libre-service, c'est du gaspillage ».

Jacky Nugue n'est pas d'accord : « J'ai 280 à 350 bêtes nourries, l'hiver, au foin à l'auge à volonté. Elles mangent quand elles veulent et ne gaspillent rien. »

« Nous, c'est au râtelier au champ et j'ai envie de faire comme sur la photo pour moins en gaspiller », témoigne Jérôme Prunier.

« Du gaspillage ?, s'énerve Angélique Angélique. On crie sur les éleveurs et le bien-être des animaux et quand on les nourrit à volonté, ça ne va pas non plus ? »

Gil Chavallier s'explique : « Je suis éleveur et je sais que l'alimentation à volonté est loin d'être le plus rationnel. En plus, ça donne une mauvaise image. Mais bon, du foin, il y en aura bien à vendre sur le bon coin. » D'ailleurs Etienne Avril en propose « 150 tonnes ».

« Vu que vous êtes éleveur, vous distribuez votre maïs ou votre foin à l'auge ou au râtelier donc vos vaches sont plus ou moins à volonté », objecte Matthieu Cosson.

« Non, elles ont la ration du repas et je redonne la même chose le soir, soit 2 repas équilibrés, mangés dès que servis », maintient Gil Chavallier.

Matthieu Cosson reste également sur sa position : « La ration que vous donnez le matin, les vaches la mangent en un couple d'heures en attendant celle du soir, donc c'est à volonté. Ce que vous faites, c'est du rationnement. Moi qui suis aussi éleveur, j'ai un système avec du maïs à volonté : les vaches produisent deux fois plus de lait qu'avec du maïs matin et soir. » Qui a raison à votre avis ? Dites-le-nous en commentaires.

Des solutions plus radicales

Face au déficit fourrager cet hiver, d'autres lecteurs ont des stratégies plus drastiques comme Sandrine Mandon Laurent : « Arrêtons les méthaniseurs et cessons de construire de jolis pavillons sur les terres agricoles ! »

Momo conseille de « décapitaliser » le cheptel : « Inutile de s'em... de trop. Faites des lots comme ça vient avec du bon, du moins bon, cela permet de faire une moyenne de prix. » Ce qu'il faut d'urgence, selon lui : « du pognon de l'État ». Mais il ne se fait pas d'illusion : « Il ne fera rien pour nous, il faudra encore se dém... seul. »

Mes vaches ne mangent plus de foin... j'ai arrêté la production bovine !

Christophe Combe Dany enchaîne, sur le ton de l'ironie : « J’ai du foin à vendre car j’ai trouvé la solution pour que mes vaches n'en mangent plus… j’ai arrêté la production bovine ! »

Et Alain Mura de conclure : « Avant, sans internet et les réseaux sociaux, on trouvait des solutions sans faire peur à tout le monde. »

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