« Sept variables pèseront sur le marché des viandes en 2015 et 2016 », explique Jean-Paul Simier, responsable du pôle agriculture et agroalimentaire à Bretagne développement innovation, et auteur des chapitres consacrés aux productions de viandes du rapport Cyclope sur les marchés mondiaux.
La croissance économique mondiale dans les pays émergents ralentira l’essor des transactions commerciales avant de rebondir en 2017, selon lui.
Mais des incertitudes pèsent sur les prix des aliments pour animaux. Certes les marchés des céréales sont bien approvisionnés et les cours se sont fortement repliés mais ils ne manqueront pas de réagir si le conflit russo-ukrainien s’envenime.
En fait, des doutes persistent sur les capacités à venir de la Russie d’exporter des céréales et sur les moyens financiers dont elle disposera pour importer des produits carnés. Les recettes pétrolières se sont effondrées et le rouble s’est fortement dévalué ce qui accroît les prix des produits importés.
La viande russe reportée sur des marchés déjà saturés
Or la Fédération de Russie est le second importateur mondial de viandes (plus de 1,6 million de tonnes en 2014). Et les quantités de produits qui ne sont pas achetées par les consommateurs russes, se reporteront, par ricochet sur les marchés des autres pays déjà engorgés et s’ajouteront encore aux produits déjà pénalisés par l’embargo russe. Et cela dans un contexte de prix déjà orientés la baisse.
Ces derniers mois, la réévaluation du dollar par rapport aux nombreuses monnaies a modifié les termes des échanges commerciaux des Etats-Unis.
Et en 2015 et en 2016, les échanges commerciaux de viandes seront encore très liés à l’émergence de nouvelles épidémies et de maladies qui affecteraient l’état sanitaire des animaux mis en vente.
Par ailleurs, les stratégies commerciales des firmes internationales, les politiques interventionnistes des Etats pour faire face à la volatilité des cours et le développement des accords de libre-échange pourraient réorienter les échanges commerciaux. Les producteurs européens de bovins viande, et surtout français, redoutent que le futur traité commercial UE/Etats-Unis sacrifie leur filière.
Enfin, « l’Asie restera cette année par sa croissance démographique et économique, un pôle essentiel du marché des viandes malgré le ralentissement relatif de la croissance chinoise. Des nouveaux pays émergents seront des relais de croissance (Indonésie, Malaisie, Philippines). »
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