Venus des Côtes d'Armor, du Morbihan et du Finistère à l'appel de la Frsea, les producteurs se sont d'abord rendus à Brennilis, à la Salaisonnerie d'Arrée. Ils ont contrôlé le chargement d'un camion lituanien qui se trouvait sur le parking, pensant y découvrir de la viande de porc d'origine étrangère. Mais le camion transportait de la viande de dinde congelée, dont l'équivalent d'une palette a cependant été mise à terre et brûlée symboliquement.
Les manifestants se sont ensuite rendus à Lampaul-Guimiliau, à quelques dizaines de kilomètres, à la charcuterie industrielle Jean Caby dont ils ont vérifié les entrepôts où ils n'ont trouvé que de la viande française. Ces opérations sont « l'occasion de faire pression sur les industriels » et d'insister sur « l'origine de la viande travaillée, que ce soit de la viande française », a déclaré François Valy, responsable de la section porcine de la Frsea. « De plus en plus d'abatteurs travaillent de la viande française. Il y a sans doute une demande (des consommateurs) mais c'est sans doute aussi lié à nos opérations » de contrôle, s'est félicité le dirigeant syndical.
Les agriculteurs ont ensuite entrepris de vérifier la cargaison des poids lourds transportant de la viande et stationnés pour la nuit sur les aires de repos. Une remorque d'un camion espagnol transportant de la viande en provenance de ce pays a ainsi été incendiée avec son contenu sur un parking près de Landivisiau (Finistère). Lors de la dernière cotation, jeudi, au marché au cadran de Plérin (Côtes d'Armor) qui sert de référence au plan national, le cours du porc s'est établi à 1,218 euros le kilo, alors que le coût de production au kilo s'établit en moyenne autour de 1,55 euros.
Une exploitation moyenne (200 truies), qui nécessite de lourds investissements, perd environ 10 à 12.000 euros par mois actuellement. Les cours ont chuté en janvier 2014 lors de l'entrée en vigueur de l'embargo russe sur la viande de porcs, alors que la Russie représentait le quart des exportations européennes. Mais les éleveurs pointent aussi la responsabilité de la grande distribution, et sa politique de prix bas.
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