La besnoitiose bovine n’est pas belle à voir. La transmission de la bactérie Besnoitia besnoiti par des insectes piqueurs provoque chez les bovins de l’hyperthermie, suivie d’œdèmes et de déformations de la peau. Article publié le 09/11/2012.
![]() Si la besnoitiose est suspectée dans un élevage, mieux vaut rapidement alerter son vétérinaire et prévenir les éleveurs voisins, car prise trop tardivement, la maladie devient incurable. (© Univesité de Berne / Schweizerbauer) |
Connue depuis l’Antiquité, cette maladie, que l’on croyait vouée à l’extinction, a refait son apparition en 1990 dans les Pyrénées-Orientales, l’Aude et l’Ariège. Mais voilà que depuis peu de temps la besnoitiose, également appelée anasarque des bovins, s’étend durablement vers le nord, touchant les troupeaux de Rhône-Alpes, du massif central jusqu’aux Pays de la Loire.
Transmise par les taons, stomoxes et les aiguilles
Cette maladie vectorielle serait, dans la plupart des cas, transmise par des insectes piqueurs comme les taons et les stomoxes qui ont des pièces buccales puissantes pour transporter un parasite relativement gros. De même, l'utilisation d’aiguilles à usage multiple dans les élevages infectés pourrait probablement véhiculer la bactérie pathogène.
![]() Animal atteint à la 3ème phase (© Adiagène) |
La besnoitiose peut entrainer des pertes lourdes et toucher la majorité des animaux en quelques mois avec un taux de mortalité qui atteint régulièrement 7 à 10 %. La contamination par Besnoitia besnoiti affecte préférentiellement les bovins âgés de 2 à 4 ans. Les mâles semblent bien plus sensibles que les femelles et présentent des formes plus sévères avec un taux de mortalité plus élevé.
Trois étapes d'intensité croissante
La besnoitiose est une maladie plutôt saisonnière, sévissant à la belle saison. Plus de 80 % des cas cliniques sont identifiés entre juillet et septembre, période où la pullulation des insectes vecteurs est la plus forte. De nombreux bovins touchés par la besnoitiose parviennent à maitriser l’infection par réaction immunitaire et deviennent alors porteurs latents sans en exprimer les symptômes. Ceux qui ne maitrisent pas l’infection peuvent développer la maladie dans des délais très variables, allant de 15 jours à plusieurs mois. Après une période d’incubation, les symptômes évoluent en trois phases successives d’intensité croissante :
1) Phase initiale aigüe, difficile à diagnostiquer, l'animal est fébrile durant une semaine
- Syndrome de fièvre, hyperthermie 40 - 42 °C, anorexie, tachycardie
- La peau devient congestionnée et très sensible au pincement
- Inflammation des muqueuses oculaires et des fosses nasales avec écoulement
Plus le diagnostic de la besnoitiose est établi précocement, mieux seront les conditions de réussite du traitement et le contrôle possible de la maladie. Le diagnostic peut être confirmé par test Elisa ou grâce à un kit Pcr en temps réel par prélèvement de sang (du type Adiavet Besnoitia conçu par Adiagène).
2) Phase d’œdèmes durant deux semaines
![]() Peau plissée et épaisse (© Vet-lyon / E. Avreux) |
- La température revient à la normale et l’animal semble aller mieux
- La peau reste chaude mais devient épaisse et douloureuse
- Formation d’œdèmes sous-cutanés sur la tête, fanon, l’extrémité des membres, au boulet et canon.
- Mamelle chaude et douloureuse, trayons violacés à la base.
- Bourses hypertrophiées chez les mâles.
3) Phase ultime de dépilation et de sclérodermie sur plusieurs mois
- Régression des œdèmes | ![]() Kyste à l'oeil (© Gds 69 / JP. Alzieu) |
![]() Atteinte de la mamelle (© Vet Lyon / E.Avreux ) |
Pour en savoir plus sur la besnoitiose bovine : Le blog de la parasitologie A voir également sur Web-agri Véto : - L’ehrlichiose granulocytaire bovine (Egb) |







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