Comment le prix du lait est-il calculé en Allemagne ?
Réponse de Gérard You, économiste à l'Institut de l'élevage : En Allemagne, le prix du lait n'est pas fixé à l'avance mais tous les mois, contrairement à la France, où il fait l'objet d'un accord annuel, qui lisse les variations. Chez nos voisins, il découle de la valorisation que font les industriels de la vente de leurs produits sur les marchés. Il y a une connexion assez forte entre l'évolution des cours du lait et ceux des produits industriels (beurres, poudres, certains fromages). En 2007, lorsque les marchés des produits laitiers industriels se sont enflammés, le lait a atteint un plus haut à l'automne 2007 à plus de 412 euros la tonne.
La filière laitière allemande est considérée comme plus compétitive qu'en France, pourquoi ?
Réponse de GY : C'est une logique de volumes, il y a moins de diversité qu'en France, notamment sur les fromages, plus exigeants en manoeuvres, plus élaborés, et donc qui coûtent. Les exploitations sont aussi plus grandes en Allemagne du Nord où les élevages produisent 400 à 500.000 kg de lait par an contre 300.000 en France en moyenne.
La fiscalité donne aussi un avantage à certains éleveurs qui ont une sorte de subvention d'environ 2% du chiffre d'affaires. Le taux de Tva (7%) qu'ils paient à l'achat de l'aliment du bétail et des consommations intermédiaires est inférieur au taux de Tva (10,7%) qu'ils reçoivent de la vente de leur lait, et la différence n'est pas reversée à l'Etat. Certains éleveurs qui n'investissent pas peuvent donc gagner 7 à 10 centimes par litre de lait.
Le prix du lait de l'Allemagne est-il imbattable ?
Réponse de GY : Au prix consommateur, les produits laitiers sont moins chers en Allemagne - où le hard-discount est dominant - d'autant plus qu'ils y sont beaucoup moins variés et élaborés qu'en France. Compte tenu de ses prix à la production, le lait allemand, en 2009, a gagné des parts de marché sur les lait Uht en France, mais également sur des fromages râpés.
Quand les marchés sont très concurrentiels, quand la conjoncture est très morose, quand c'est l'effet prix qui est déterminant, c'est clair que l'Allemagne dispose de l'atout "prix" face à une filière française plus diverse, plus riche en assortiments et en emplois. Depuis deux ans, la filière allemande, c'est du low-cost. Mais, si on regarde les dix dernières années, les prix du lait à la production en Allemagne ne sont en moyenne pas moins élevés qu'en France.
 Une filière lait "low-cost" (© Terre-net Média) |
Banette, la Prim’Holstein qui a produit 184 909 litres de lait en 14 lactations
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