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Lors de la récolte, le foin séché au sol n'affiche pas toujours des teneurs en matière sèche supérieures à 82% » expliquent dans leur rapport les chercheurs suisses Helmut Ammann (Agroscope Tänikon) et Ueli Wyss (Agroscope Posieux). Or, il se trouve que ce seuil de 82% est nécessaire pour favoriser la suite du stockage dans de bonnes conditions. En effet, en-dessous de ce niveau, le fourrage s’échauffe et des moisissures apparaissent. Par ailleurs, les microorganismes restent actifs et les produits de dégradation ainsi obtenus (à commencer par les toxines) peuvent à la fois le rendement final et la qualité du fourrage (baisse de la valeur nutritive)… donc la santé à suivre des animaux.
Des essais sur les conservateurs
Si le fourrage récolté est pressé en grosses balles, le reste d'humidité ne peut disparaître que lentement à cause de la forte densité du fourrage. Conséquences : échauffement et altération du fourrage. C’est pourquoi les stations suisses de Tänikon et Posieux ont réalisé des essais complémentaires.
 Lors de la récolte, le foin séché au sol n'affiche pas toujours des teneurs en matière sèche supérieures à 82%. (© Terre-net Média) |
D’un côté, la station de Posieux a mené des essais en laboratoires et en plein champ. Objectif : maîtriser la qualité des fourrages humides à l’aide de conservateurs à base d'acide propionique.
« L'addition de conservateurs appropriés permet de mieux conserver le foin humide. Le dosage correct des produits et leur application homogène sont toutefois déterminants pour le résultat » détaille Ueli Wyss. Mais pour utiliser ces conservateurs, il faut quand même que la teneur en matière sèche ne soit pas inférieure à 75% (lire ici).
Les types de balle
De l’autre, le centre de Tânikon a comparé le foin humide au foin séché au sol, aux balles rondes ventilées et au foin ventilé en vrac. En effet, balles séchées au sol, balles ventilées ou encore fourrage ventilé en vrac peuvent offrir des solutions alternatives à la production de foin humide. Les comparaisons portaient à la fois sur les temps de travaux, le type de bâtiment nécessaire, la consommation d'énergie pour le séchage du fourrage, ainsi que la valeur nutritive des différents fourrages grossiers conservés (les résultats en détails).
Du point de vue de la technique et de l'organisation, il est possible de produire du foin humide. Toutefois, la production se fait surtout sur les restes de parcelles et en cas de problèmes de stockage. En outre, on privilégie la production dans des régions où les précipitations sont réduites, car il est indispensable d'avoir un minimum de séchage naturel.
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