Ces six prévenus, soutenus par quelque 200 personnes rassemblées dans un parc près du palais de justice, avaient déjà été condamnés au pénal en appel à des peines d'amendes avec sursis, de 300 à 5 000 euros, en septembre 2015. Ils avaient endommagé, lors de deux actions coup de poing en septembre 2013 et mai 2014, des pièces de la salle de traite de cette ferme implantée à Drucat, près d'Abbeville (Somme), à quelques semaines de sa mise en service.
Pour Cécile Stezycki, avocate des parties civiles (dont la SAS Ramery et la SCEA Côte de la Justice), il ne s'agissait pas de refaire le procès des prévenus, « déjà condamnés en deux instances », mais bien de montrer que les indemnisations demandées étaient justifiées.
Présent dans la salle, Michel Welter, l'exploitant de la ferme, réclame 140 000 euros, tandis que l'expert mandaté par le tribunal a fait une proposition d'indemnisation à 127 000 euros. Me Stezycki a formulé plusieurs demandes d'indemnisations quant à des dégradations de véhicules et surtout de la salle de traite.
Une requête « profondément injuste » selon Laetitia Peyrat, avocate des prévenus. « Si on regarde les deux séries de faits, on n'était pas du tout dans l'amusement, comme semble l'affirmer ma consœur. Mes clients ont été considérés comme des lanceurs d'alerte en dénonçant cette vision industrielle de l'agriculture française qu'est la ferme des 1 000 vaches. Et ils ont eu raison puisqu'aujourd'hui je rappelle que le lait produit là-bas est uniquement consommé en Belgique », a-t-elle insisté.
Elle a demandé au juge d'examiner au plus près ces demandes d'indemnisations car « chaque centime demandé aura une conséquence sur chacun d'entre eux, leurs revenus allant de 1 000 à 1 500 euros par mois ». Me Peyrat s'est également dite stupéfaite de l'absence d'assurance. « C'est un choix de faire appel aux assurances ou non », avait expliqué en substance Me Stezycki au juge, qui s'en était également étonné. Le jugement a été mis en délibéré au 13 septembre.
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