L’Institut de l’élevage dresse le bilan comptable de la filière bovin viande pour l’année 2023. Malgré un prix de la viande en légère progression, le revenu des éleveurs est grignoté par la hausse des charges. L’application de la Pac 2023-2027, peu favorable aux élevages allaitant, pèse également sur les comptes.
Après une légère embellie des résultats comptables en 2022, les estimations des revenus des éleveurs allaitant sont à la baisse pour 2023. En cause, « la baisse des aides couplées animales et la diminution des aides découplées dans la plupart des systèmes », explique l’Institut de l’élevage dans sa rétrospective 2023. Selon les typologies d’exploitations, les éleveurs de bovins viande ont touché entre 6 et 11 % d’aides en moins.
La diminution des primes Pac s’inscrit dans un contexte d’inflation. « En 2023, tous les postes de charges sont en hausse hormis le carburant » résument les experts de l’Idéle. Parmi les postes les plus importants figure l’engrais, avec une augmentation de l’Ipampa de 20,3 % sur surfaces herbagères. Compter + 8,1 % sur les semences, et + 5,1 % pour le fermage.
Le produit viande affiche quant à lui une hausse contenue, cantonnée à 4 % sur le second semestre de l’année.
Les naisseurs engraisseurs se démarquent
Comme toujours, de grandes disparités subsistent entre les typologies d’exploitations. Parmi les éleveurs de bovins viande, les naisseurs engraisseurs affichent un résultat courant par UMO (unité de main-d’œuvre) de 40 600 € en 2023, d’après les données des exploitations suivies par les Réseaux d’élevage Inosys. Les naisseurs spécialisés affichent quant à eux un résultat de l’ordre de 25 000 €/UMO.
La polyculture reste un plus pour les exploitations, sur fond de repli des cours des céréales. Compter dans les 45 000 €/UMO de résultat courant avant impôt pour un naisseur engraisseur de jeunes bovins, contre plus de 100 000 €/UMO l’année précédente. Du côté des naisseurs en polyculture, le résultat par UMO talonne les 20 000 €.
La progression des revenus n’a été que de courte durée
Cette baisse de résultat est vécue comme une douche froide pour les éleveurs. « Des signaux de longue durée s’avèrent plus que nécessaires pour enrayer la décapitalisation qui se poursuit ». D’autant que la progression des revenus, observée en 2022, n’a pas bouleversé la hiérarchie des revenus entre spécialisations agricoles. Avec un résultat courant avant impôt de 26 600 €/UTA pour les éleveurs bovins viande en 2022, la profession restait bien en deçà du résultat agricole moyen, de l’ordre de 56 000 €/UTA non salarié.
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