Instauré en 2015, l’observatoire de l’endettement et de la trésorerie des élevages bovins donne un aperçu du revenu des éleveurs de bovins allaitants. Avec l’analyse des résultats de 266 exploitations ayant effectué leur clôture comptable à l’été 2022 (121 élevages du Grand Ouest, et 135 éleveurs en zone de montagne), l’Institut de l’élevage constate d’une « consolidation de la situation financière des élevages allaitants », mais « pas d’euphorie ».
Un EBE en hausse malgré l’augmentation des charges
En plaine comme en montagne, le produit brut des exploitants est à la hausse. En cause, une conjoncture favorable à la viande comme aux céréales. L’excédent brut d’exploitation (EBE) est lui aussi orienté à la hausse, et ce malgré la hausse des charges. Dans le Grand Ouest, l’EBE moyen a progressé de 36 % par rapport à 2021 pour s’établir aux environs des 150 000 €. En zone de montagne, la hausse est plus contenue (+ 13 %), avec un EBE moyen de 100 000 €.
Un revenu disponible moyen de 25 000 €
Le revenu disponible s’en trouve consolidé. Il s’établit à 25 000 € annuels par UTH familiale en moyenne. Mais les disparités régionales persistent. Le Grand Ouest se démarque, avec un revenu disponible en hausse de 83 % par rapport à 2021. Avec 32 000 € par UTH familiale, il devance celui des éleveurs de montagne, qui s’établit à 18 000 €.
Nombre d’éleveurs ne prélèvent pas l’intégralité du revenu disponible. L’année 2022 aura été l’occasion de reconstituer des marges de sécurité. Avec une moyenne de prélèvements à 19 600 €, les disparités entre zone de plaine et montagne se poursuivent. Les éleveurs du Grand Ouest bénéficient d’un revenu de 26 100 €/UTH, contre 13 700 €/UTH en zone de montagne.
28 % des exploitations en situation critique
La trésorerie des éleveurs est donc assez globalement revue à la hausse, mais la situation des éleveurs les plus en difficulté reste préoccupante. Assez paradoxalement, si les plaines présentent de meilleurs résultats, la part d’exploitation endettées à long et moyen terme avec des trésoreries négatives représente un tiers des exploitations du Grand Ouest (contre moins d’un quart en zone de montagne). Cette proportion est en baisse, mais le nombre d’exploitations en situation critique reste préoccupant. « Les élevages de ce groupe ont une situation financière toujours sévère : leurs dettes court terme sont près de deux fois supérieures à la moyenne (toutes exploitations) et augmentent encore », commente l’Institut de l’élevage dans sa note de conjoncture.
Reste à voir quelle sera la conjoncture pour l’année à venir, car les approvisionnements surviennent généralement en décalé. « Les hausses de charges sur la période ont pu être couvertes par l’amélioration de la conjoncture. Avec la poursuite de l’inflation en 2023, dans un contexte de stabilisation des prix, il faudra s’intéresser aux périodes suivantes pour constater si les reports (ou réductions) d’achats ont permis aux élevages de passer le cap. »
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