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Viande bovineVers une hausse du coût de production de 0,77 €/kg carcasse en 2022

Le niveau des cours en début d'année 2022, avant la guerre en Ukraine, laissait déjà entrevoir une hausse du coût de production de 0,26 €/kg éc (© Pixabay)
Le niveau des cours en début d'année 2022, avant la guerre en Ukraine, laissait déjà entrevoir une hausse du coût de production de 0,26 €/kg éc (© Pixabay)

La succession d'aléas et la hausse inédite des marchés liée à la guerre en Ukraine commencent à peser sur les exploitations. L'institut de l'élevage projette plusieurs hypothèses de coûts de production, et les banques et conseillers tentent de faire face aux nombreuses questions d'éleveurs face à ces niveaux de prix inédits.

L’Institut de l’élevage a tenté de mesurer l’impact de la flambée du prix des matières premières sur le coût de production à partir de deux hypothèses. La première se basant sur un retour assez rapide aux prix en vigueur en début 2022, avant le début de la guerre en Ukraine (hypothèse basse), et la seconde en tablant sur le maintien des niveaux de prix actuels (hypothèse haute). Cette prospective prend en compte l'évolution des prix des engrais, du carburant et de l’aliment du bétail

L'augmentation du coût de production pourrait avoisiner les 0,77 € / kg éc par rapport à 2021

L’hypothèse basse affiche une hausse du coût de production de 0,26 € / kg équivalent carcasse, et l’hypothèse la plus pessimiste présente un coût de production majoré de 0,77 € / kg équivalent carcasse. Produire 100 kg de viande vive coûterait ainsi 40 € de plus qu’en 2021. Cette hausse est majoritairement absorbée par la hausse du coût de production des carburants et lubrifiants (+ 16 € pour 100 kg de viande vive), et l’aliment (+ 17 € pour 100 kg de viande vive). 

 

Cette prospective ne prend cependant pas en compte l'évolution des produits issus de la viande, heureusement également en hausse. La demande de viande bovine semble se maintenir malgré les cours élevés. 

Ne pas fausser l’offre et la demande en allant sur des marchés alors que ce n’est pas la saison

Dans le cadre de la conférence annuelle organisée par la chambre d'agriculture du Cantal et CER France Cantal, Samuel Duquet, responsable relations avec les institutionnels au Crédit agricole Centre France cherche à rassurer les agriculteurs. « Beaucoup nous demandent quelle stratégie adopter : s'il faut déjà anticiper la période future et immobiliser de la trésorerie pour la prochaine campagne. Aujourd’hui, ce n’est pas la position que l’on porte. On veut éviter la spéculation et ne pas fausser l’offre et la demande en allant sur des marchés alors que ce n’est pas la saison, même si j’ai conscience que vos négociants aimeraient déjà que vous passiez commande pour réserver des volumes. »

Viser une trésorerie supérieure à trois mois de charges

Dans le cas où la trésorerie est inférieure à trois mois de charges, Annabelle Barthélémy, chargée de veille économique au CER France Cantal conseille dans un premier temps de se tourner vers des leviers technico-économiques afin d'analyser son système et identifier les économies possibles, voire à repenser certaines pratiques. Des leviers financiers peuvent également être utilisés mais il ne s'agit pas de solutions pérennes. La négociation de délais fournisseurs et la diminution des délais d'encaissement sont une manière de recréer de la trésorerie sur l'exploitation. Le recours à des prêts court terme, ou la décapitalisation permettent également de répondre aux problèmes de liquidité. 

Si la trésorerie est supérieure à trois mois de charges, il peut être intéressant de se demander jusqu'à quel point son exploitation est solide, et à quels aléas on est prêts à faire face. Cette réflexion peut permettre de mettre en place une épargne de précaution et gérer ses investissements.

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En viande : faire face à la hausse des intrants

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