Menu

Dans la MarneMobilisation générale pour un plan de bataille préservant l'élevage allaitant

32 % des producteurs de bovins viande marnais ont plus de 55 ans. (©Pixabay)
32 % des producteurs de bovins viande marnais ont plus de 55 ans. (©Pixabay)

25 % d'élevages allaitants en moins en 10 ans et 12 % de vaches. Comme de nombreux départements et régions en France, la Marne connaît une forte décapitalisation de son cheptel de bovins viande et peine à renouveler les générations d'éleveurs. Or, suite à une enquête de l'Adasea auprès d'une cinquantaine de futurs cédants, seule la moitié pensent transmettre leur ferme ! Quant à ceux qui envisagent de la céder, ils ont un successeur dans leur famille et un tiers d'entre eux projettent de changer de production !

« Quel avenir pour les ateliers bovins allaitants à transmettre, dans les années qui viennent à l'échelle départementale ? » Pour répondre à cette question, l'Adasea de la Marne (qui pilote le PAIT ou point accueil installation transmission), à l'initiative du syndicat Jeunes Agriculteurs, a mené en 2021 une enquête auprès des éleveurs âgés de plus de 55 ans. Soit 92 élevages sur les 287 spécialisés répertoriés dans le département lors du dernier recensement agricole de 2020, ce qui représente 32 % des producteurs, l'équivalent du chiffre national : 33 %.  

Cibler cette tranche d'âge « nous permettait d'identifier l’existence ou non de repreneur(s), ainsi que les freins à l’installation en bovin viande », avant de chercher des « solutions » pour favoriser le renouvellement des générations, précise l’Adasea 51. En 10 ans, la Marne a perdu 25 % de ses élevages allaitants et 12 % de ses vaches. « Sur 20 ans, c'est même un tiers qui a disparu », ajoute la chambre d'agriculture. Une baisse certes inférieure à la moyenne nationale (- 31 %) mais qui inquiète les professionnels.

Un manque de rentabilité et trop de travail

Sur les 46 ayant répondu au sondage de l'Adasea, seuls 22 pensent céder leur exploitation d'ici 2026. Bonne nouvelle : 19 ont déjà un successeur, un membre de la famille dans la majorité des cas (16 des répondants). Toutefois, quatre repreneurs envisagent d'arrêter cet atelier et deux y réfléchissent sans avoir pris de décision définitive. Leurs principales motivations : le manque de rentabilité et la charge de travail, tant en volume horaire qu'au niveau de la surveillance du troupeau. Une surcharge qui peut « amener les producteurs à s'isoler socialement », alerte l'étude. 

Laquelle mentionne également d'autres raisons à l'abandon de l'activité bovin viande : « la difficulté à trouver un repreneur hors cadre familial, à communiquer avec la société, la concurrence grandissante des méthaniseurs pour l’alimentation du cheptel… » 

Un plan d'actions pour 2022

Alertés par la filière suite à ce travail, l'État (Draaf et Région Grand Est) et les OPA (chambre d’agriculture, comité élevage, GDS et FDSEA du département, Safer Grand Est...) ont bâti un plan d'actions pour 2022.

  • 1er volet : sensibiliser les cédants à la transmission

Surtout ceux à la retraite dans moins de cinq ans et sans repreneur. 10 éleveurs seront ainsi rencontrés afin de « mieux cerner leurs besoins en vue d’installer des jeunes qui assurent la pérennité de leur élevage ». 16 autres, se considérant pas assez informés sur la transmission, ont déjà reçu un document du PAIT sur les démarches à effectuer. Une fois par an, un forum transmission, toutes filières confondues bien sûr, est déjà organisé par les JA 51. Et vu le succès de celui de novembre dernier, il pourrait être proposé deux fois par an.

  • 2e volet : améliorer l'attractivité du métier d'éleveur allaitant

Il s'agit principalement de trouver des « pistes d’optimisation et de valorisation » pour ces élevages, en s’appuyant sur les « programmes Oser (Opportunités et stratégies pour des exploitations résilientes) conduits en grandes cultures dans la Marne et l’Aube », et en travaillant sur la recherche de « valeur ajoutée » : labels, panneaux photovoltaïques sur les bâtiments... Contre l'isolement des éleveurs, les organisations agricoles suggèrent de multiplier les occasions de rencontres et les formations pour qu'ils puissent « échanger sur leurs pratiques », leur quotidien, leurs problèmes, etc. Et dans le cadre de la promotion des métiers de l'agriculture dans les collèges et lycées, pourquoi pas dédier certaines interventions à l'élevage spécifiquement, bovin viande notamment ? 

Pour aider les agriculteurs marnais à diversifier leurs sources de revenu, la chambre agriculture les convie chaque année au Forum des opportunités :

  • 3e volet : renforcer la communication

Si la chambre d’agriculture veut développer le tourisme à la ferme, via le réseau Bienvenue à la Ferme entre autres, elle va avec les JA et la FDSEA communiquer davantage sur les réseaux sociaux, mais également dans les écoles et via les Fermes ouvertes lors de journées "made in viande"

Réagir à cet article

Sur le même sujet