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M. Carbonnet, éleveur (62)« J’ai amélioré la gestion des taries et la qualité du colostrum »

En modifiant ses pratiques de tarissement, Mathieu Carbonnet a fortement réduit les problèmes de non-délivrances. Son objectif maintenant : faire vieillir les vaches.
En modifiant ses pratiques de tarissement, Mathieu Carbonnet a fortement réduit les problèmes de non-délivrances. Son objectif maintenant : faire vieillir les vaches. (©Seenorest)

Après s'être formé, Mathieu Carbonnet a revu ses pratiques de tarissement. Deux lots au lieu d'un, rationnement équilibré, complémentation, vaccination... : la mise en place de ces nouvelles pratiques lui ont permis d'améliorer la qualité des colostrums.

Mathieu Carbonnet, 25 ans, est installé à Magnicourt sur Canche dans le Pas-de-Calais (62) en Gaec avec son père. Il produit du lait à l’herbe sans OGM (980 000 l en 2020). Suite à des problèmes de non-délivrances sur les taries, il a souhaité suivre la formation JA « tarissement et colostrum » proposée par la Prospérité Fermière et délivrée par Jérôme Larcelet, consultant nutrition chez Seenorest (alliance Optival-Oxygen). Il nous explique les adaptations mises en place :

Gestion par lots, rationnement du maïs, maîtrise de la BACA et rééquilibrage minéral et azoté

« Ce qui péchait le plus c’était la conduite alimentaire. Nous sommes passé d’une ration composée d’un fond d’ensilage de maïs et de paille, gérée en une seule phase, à une conduite en deux lots. Désormais l’ensilage de maïs est rationné avec de la paille à volonté et une complémentation en minéraux et tourteau de colza distribuée de façon distincte entre les vaches en début et milieu de tarissement et les vaches en préparation, 21 jours avant vêlage. »

« L’objectif a été de limiter la prise d’état au tarissement en rééquilibrant les apports. Dorénavant nous travaillons aussi sur la Baca en apportant 120 g de chlorure de magnésium dans la seconde phase du tarissement. Je prépare le seau de chlorure de magnésium la veille pour laisser le temps à la préparation de fondre. De cette façon il n’y a pas de cristaux, c’est ainsi mieux apprécié par les vaches dans le mélange d’ensilage de maïs. Le suivi du pH urinaire est prévu à partir de cette année pour contrôler la Baca. »

Encore des leviers possibles pour les taries au pâturage

 « Il y a un vrai enjeu car les vêlages sont concentrés sur la période d’avril à octobre. Nous n’avons pas encore de système pour bloquer les vaches à l’auge mais elles sont déjà complémentées sur la base de la ration de début de tarissement. Nous les ramenons ensuite au hangar une semaine avant le vêlage pour la seconde phase de tarissement. »

Vache et veau au pâturage
Les vaches taries sont rentrées une semaine avant le terme pour éviter qu'elles ne vêlent au pâturage et pour pouvoir les complémenter correctement. (©Seenorest)

« On bichonne les taries et on anticipe pour avoir du colostrum de qualité »

« Nous profitons du tarissement pour déparasiter et vacciner les vaches contre les rotavirus et coronavirus pour la vitalité future des veaux via le colostrum. Elles reçoivent également un bolus d’oligoéléments et de vitamines pendant cette période. »

« Côté cellules, nous faisons attention à la prévention même si nous avons de moins en moins de vaches à problèmes. Nous appliquons un bouchon aux vaches à moins de 100 000 cellules, un antibiotique intramammaire et un bouchon aux vaches entre 100 et 300 000 et un injectable en plus pour les vaches les plus cellulaires. »

« L’an dernier, la sècheresse estivale a eu raison de la qualité des colostrums »

« Les adaptations que nous avons mises en place à l’issue de la formation Prospérité Fermière/Seenorest nous ont permis d’améliorer la qualité globale de nos colostrums en début d’année dernière. Au réfractomètre on se situait à 28-30 brix pour le colostrum des vaches à trois lactations et plus et entre 20-25 brix pour les primipares et les deuxièmes lactations. »

« On a cependant observé une vraie dégradation de la qualité des colostrums suite aux fortes chaleurs. Nous avons un système de brumisation en salle de traite et nos pâtures sont plutôt à l’ombre avec un système de haies bocagères mais nous projetons de replanter encore des arbres aux alentours de la ferme. »

En ligne de mire : faire vieillir le troupeau

« L’adaptation de nos pratiques suite aux conseils de Jérôme Larcelet lors de la formation nous a permis de réduire drastiquement les non-délivrances dans le troupeau. Nous dépassions les 20 % tandis qu'aujourd’hui on compte 5 animaux à problèmes sur 100 et ce sont toujours les mêmes. »

Mathieu projette de faire vieillir son troupeau pour avoir un tiers de vaches à quatre lactations et plus. « Dans cette perspective, nous allons encore affiner la complémentation en préparation vêlage pour prévenir les complications post-partum. C’est nécessaire d’autant plus que les vaches sont plutôt des hautes productrices. D’autre part, faire vieillir les vaches ça ne sera que du plus pour la qualité du colostrum ! »

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