Emmanuel Macron a reçu lundi les syndicats agricoles à l'Élysée pour faire le point après des semaines de colère du secteur qui semble s'être un peu apaisée, et à moins de trois semaines du Salon de l'agriculture, a appris l'AFP de sources concordantes.
« Il les a revus dans le même format qu'en décembre et comme il le fait chaque année avant le Salon de l'agriculture », qu'il ouvrira le 21 février, a dit son entourage. En décembre, la crise de la dermatose bovine et l'opposition à l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur avaient nourri une mobilisation agricole intense, qui s'est poursuivie début janvier.
La France a finalement dit non au traité avec le bloc latino-américain, tandis que des nouvelles mesures sont venues calmer, pour l'instant, la contestation paysanne, d'autant qu'aucun nouveau cas de dermatose n'a été recensé. Le président, qui ira aussi mardi à Vesoul, en Haute-Saône, pour dire son soutien aux agriculteurs, a vu les syndicats « pour les écouter » et évoquer « leur vision de l'avenir », a rapporté une source gouvernementale.
« Un échange plutôt correct, courtois. Mais qui manque d'ambition », a résumé auprès de l'AFP Hervé Lapie, le secrétaire général de la FNSEA, premier syndicat agricole national. « C'est utile dans l'enjeu européen et international parce qu'on sait que le président de la République, ça peut être lui qui va arracher le futur budget de la politique agricole commune. Et, il nous a dit qu'il ferait le job et qu'il allait s'investir sur le sujet », a-t-il aussi dit.
« Agir auprès des OS pour qu'il y ait des vaches au Sia »
« Il ne nous a rien dit de nouveau, c'était décevant, il n'a pas de vision claire de l'agriculture », a affirmé pour sa part à l'AFP Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne. Pour la Conf', le gouvernement n'a répondu qu'aux demandes de la FNSEA et de la Coordination rurale dans ses annonces pour calmer les manifestations d'agriculteurs.
Le président des Jeunes agriculteurs, alliés de la FNSEA, Pierrick Horel a lui expliqué avoir dit à Emmanuel Macron vouloir « passer à une séquence de travail », après la mobilisation. Selon lui, les sujets évoqués vendredi par le Premier ministre Sébastien Lecornu « sur les plans et contrats d'avenir » est « un bon début pour donner un cap et insuffler un changement de modèle agricole ».
Les dirigeants de la Coordination rurale étaient également présents à l'Élysée, ainsi que la ministre de l'agriculture Annie Genevard. Le président a aussi « demandé d'agir auprès des organismes de sélection des races bovines pour qu'il y ait des vaches au Salon de l'agriculture », a déclaré le porte-parole de la Confédération paysanne.
Les organisateurs du Salon ont pourtant confirmé que l'événement se tiendrait, pour la première fois depuis sa création, sans vache du 21 février au 1er mars en raison de la dermatose.
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