A la rencontre du monde rural mais aussi de Français inquiets de son projet de réforme des retraites : Emmanuel Macron effectue samedi la traditionnelle visite inaugurale du Salon de l'agriculture, l'occasion d'un contact direct avec les Français après des semaines de relatif retrait.
Tapoter le dos des vaches, déguster du « 100 % français » et riposter aux interpellations : c'est un rituel présidentiel auquel le chef de l'Etat a choisi de se plier pendant une longue déambulation de plus de 12 heures.
Emmanuel Macron a commencé sa visite par une table ronde avec des professionnels de la pêche. Il a évoqué les années difficiles pour la filière, avec le Brexit, l'envolée des prix des carburants, et assuré de sa « détermination à trouver des solutions ». Il a annoncé un geste sur l'aide sur les carburants qui sera prolongée jusqu'à octobre, selon le secrétaire d'Etat à la Mer, Hervé Berville, qui participait aux discussions.
Début d’une journée au Salon de l’Agriculture, avec nos pêcheurs ! pic.twitter.com/Q6zIns80MY
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) February 25, 2023
Puis il a coupé le ruban inaugural et donné le coup d'envoi de cette manifestation qui, depuis 1964, permet aux citadins de découvrir les richesses de l'agriculture française. Le salon est dès samedi ouvert au grand public.
Emmanuel Macron doit passer toute la journée - près de treize heures en 2020 - au contact des professionnels de l'élevage, des cultures, de la pêche et de l'industrie agro-alimentaire, mais aussi des visiteurs qui affluent dès le premier jour.
Après avoir admiré l'égérie du salon, la vache salers Ovalie, il s'est attardé auprès des éleveurs, s'inquiétant du maintien de leurs revenus et des conditions d'installation des jeunes. Il a été interrogé sur les accords internationaux et notamment sur le projet d'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur.
« Je veux qu'ils respectent autant que nous l'environnement », a confié le président à ses interlocuteurs qui redoutent le risque d'une concurrence inéquitable. « On est en ruines », lui ont vivement lancé d'autres éleveurs, se plaignant de l'implantation d'antennes-relais de télécoms près de leurs exploitations.
Un an après le déclenchement de la guerre en Ukraine, qui a fait flamber les prix de l'alimentation, et alors qu'une sécheresse chronique s'installe en France, Emmanuel Macron entend insister au cours de cette journée sur la nécessité de « renforcer la souveraineté » alimentaire du pays et de soutenir les agriculteurs face aux défis environnementaux, a indiqué l'Elysée.
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