Être en bio et pratiquer le sans labour, c’est possible. C’est ce que nous prouve Julien Guéneau, agriculteur, qui témoigne en vidéo de l’implantation d’un maïs derrière une prairie sans labour et en bio, avec un méteil entre deux.
Au Gaec des Jonquilles en Vendée, le labour n’a plus sa place depuis plus de 20 ans. Et l’exploitation a pris le cap de l’agriculture biologique en 2010. Julien Guéneau explique : « On part du principe que moins on touche le sol, moins on perturbe sa vie et donc plus il fonctionnera et aura une bonne fertilité pour les cultures. » Dans une série de plusieurs vidéos, il revient sur le cheminement de l’implantation de maïs derrière une prairie sans labour et en bio (à noter : tournage des vidéos réalisé en 2019 et 2020).
« Cette parcelle était en prairie pour les vaches depuis 6-7 ans. On y a semé un méteil en direct (mélange composé de féverole, vesce, avoine et triticale, le tout en semence fermière). L’idée ensuite c’est d’implanter un maïs sans passage d’outils à dents (ni chimie comme cela se pratique en semis direct en conventionnel). » Le mélange implanté a un double intérêt : produire un fourrage pour les vaches et travailler le sol via son système racinaire. Julien Guéneau revient sur l’implantation du méteil dans cet épisode :
Ensilage et destruction du couvert
Le méteil est fauché, préfané et ensilé. « On arrive un peu tard puisque le ray-grass est déjà épié, mais au moins il y a du volume. Ce fourrage ira aux génisses ». En vidéo, la fauche du méteil :
Selon la parcelle, elle reçoit ou non du fumier après la récolte, puis elle subit un mulching avec un rotovator (travail sur 2-3 cm de profondeur maximum). « L’objectif c’est de détruire la végétation et fournir un bon mélange en surface favorable aux vers de terre. » Le plus délicat concerne la destruction du ray-grass. L’agriculteur détaille sa technique ici :
Semis et désherbage du maïs
Pour le semis du maïs, Julien Guéneau a voulu tenter 3 méthodes après le mulching :
- un passage de dents à 15 cm, un passage de herse rotative, puis semis (ce qui se fait sur la ferme depuis toujours)
- préparation du lit de semence avec une rotative, mais rien de plus jusqu’au semis
- un semis direct en positionnant la graine de maïs sous le mulch
Pour cette troisième méthode, « l’objectif est que le maïs développe ses racines dans les racines pré-existantes du méteil, toujours dans cette optique de toucher le moins possible au sol. » Et elle s’est révélée plutôt concluante d’après le retour de l’éleveur :
En ce qui concerne le salissement, il y a eu de grosses différences entre les différents protocoles : « Une pression plus faible dans le semis sous mulch, mais avec des adventices différentes : plutôt liseron, chardon et pissenlit alors qu’ailleurs on ne retrouve ni le chardon ni le liseron, mais beaucoup plus de morelle, chénopode et ravenelle. » Il y a eu du désherbage à l’aveugle avec la herse étrille, la houe sur certaines parcelles, puis du binage. La méthode est expliquée ici :
Des rendements corrects
Dernière étape : la récolte du maïs, plutôt beau cette année-là. Julien Guéneau dresse le bilan : « Il y a des protocoles sur lesquels je ne vois pas de différence sur les maïs : le travail avec le cultivateur et celui avec la herse rotative uniquement. Donc si la structure s’y prête, on saura qu’il n’y a aucun intérêt à descendre profondément. En revanche pour le semis direct sous le mulch : on n’avait pas de différence jusqu’au 2e binage, puis le maïs a décroché dans ce protocole. Il aurait peut-être fallu venir irriguer de ce côté plus tôt… »

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