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Stockage de l'eauG. Bouquet (25) récupère les eaux pluviales pour abreuver son troupeau

Installer une citerne souple de stockage de l’eau de pluie pour l’abreuvement du troupeau (©G.Bouquet)
Installer une citerne souple de stockage de l’eau de pluie pour l’abreuvement du troupeau (©G.Bouquet)

Avec des périodes de sécheresse de plus en plus fortes et un accès aux cours d’eaux de plus en plus restreint, les éleveurs ont des difficultés à abreuver leurs troupeaux correctement. Ghislain Bouquet, éleveur dans le Doubs et producteur de lait en AOC Comté, est associé avec son papa en Gaec. Il nous explique pourquoi il a décidé d’installer une citerne souple de stockage de l’eau de pluie pour l’abreuvement de ses 80 VL et le fonctionnement de sa salle de traite.

Sur l’exploitation, la consommation d’eau moyenne est de 5 000 m3, « principalement destinée à l’abreuvement du troupeau (90 %) », les 10 % étant dédiés au lavage de la salle de traite et de la laiterie, l'utilisation du karcher pour l’entretien du matériel et des véhicules, le remplissage du pulvérisateur.

Ghislain Bouquet explique qu'en AOC Comté, « le cahier des charges est assez serré et au niveau de l’eau, il y a des demandes précises ». Bien sûr les animaux doivent avoir suffisamment d’eau et surtout « on nous demande une qualité d’eau potable ». L’eau doit être analysée une fois pas an. Et un audit est réalisé tous les cinq ans avec des contrôles réguliers.

Un compteur défectueux à l'origine du projet de citerne souple

Récupérer l’eau de pluie est « une idée qui me trottait dans la tête depuis un moment, mais jusqu’en 2011 ma consommation d'eau sur le réseau baissait tous les ans, donc tout allait bien ». C’est à ce moment-là que je me suis aperçu que mon compteur d’eau tournait au ralenti ». C’est alors que Ghislain fait changer ce compteur défectueux et passe de 1 000 m3 à 5 000 m3 de consommation à l’année. Un « effet électrochoc qui a déclenché le projet ». Il part à la recherche d’une solution : un bassin d’eau à ciel ouvert ? Non « c’est trop coûteux » ! Il se met alors en relation avec son négociant en matériel qui lui propose d'utiliser une citerne souple.

Cette solution lui a semblé « pratique puisque c’est relativement simple à mettre en place et économique, le tarif n'est pas le même que le béton ». Il disposait d’« un emplacement disponible autour des bâtiments » et « les pentes des toitures » étaient préexistantes. Ainsi ce sont 3 000 m2 de toitures qui ont été raccordés à la citerne dès 2012. En 2020, 400 m2 de toitures ont été ajoutés et 600 m2 supplémentaires sont prévus en 2021. C’est un système évolutif.

 On a choisi d’installer une citerne 500 m3 parce que c’était la plus grosse qui se faisait à l’époque.

toiture bâtiment élevage
3 000 m2 de toitures qui ont été raccordés à la citerne dès 2012 (©G.Bouquet)

Un bilan positif

Aujourd’hui, Ghislain fait le bilan. Le système permet de ne pas utiliser l’eau de ville. Sauf en 2019 et 2020 où les pluies ont été insuffisantes (avec 1 000 m3 de consommation eau de ville). « Avec les toitures raccordées à l’automne et celles qui vont arriver cette année et si on retrouve des années un peu plus "normales" je ne devrais plus manquer d’eau. »

Coût du projet :
Cout de l’installation : 66 000 € HT (51 000 € HT hors incendie)
Citerne 500 m3 + réserve incendie 80 m3 + 2 collecteurs filtrants = 27 200 €
Terrassement : 32 000 €
Traitement UV + chloration pompe de relevage + filtration + électricité =  7 000 €

Économies réalisées :
48 000 € HT sur 7 ans (6 800 €/an)
Prix/m3 de l’eau : 1 m3 = 1,60 € HT
2013/2020 : 4 000 méconomisés par an x 6 = 24 000 m3 x 1,60 € = 38 400 €
2019/2020 : 3 000 m3 économisé par an x 2 = 6 000 m3 x 1,60 € = 9 600 €

L'investissement de Ghislain a été rentabilisé au bout de 7 ans. « Si c’était à refaire, je l’aurais fait avant », conclut Ghislain qui exhorte les agriculteurs qui voudraient se lancer de profiter des subventions en cours. Et s’il devait changer une chose ou deux, ce serait d’installer un décanteur en amont de la citerne pour éviter les particules et ajouter une bâche de protection sous la citerne afin de faciliter le nettoyage des abords.

vaches
Troupeau de Ghislain Bouquet (©G.Bouquet)

Un traitement UV et une injection de chlore

Norbert Pidron, responsable technique chez Labaronne-Citaf a collaboré à l’installation de la citerne de Ghislain. Il explique qu’une fois que l’eau est récupérée sur la toiture, elle passe par un collecteur filtrant équipé d’un panier de dégrillage qui permet d’éviter aux feuilles de rentrer dans la citerne. Autre avantage, ce type de collecteur a la capacité de gérer le trop-plein ». On arrive ensuite à la citerne souple de 500 m3.

La citerne est équipée d’une pompe « dimensionnée selon la consommation et le débit d’eau souhaités sur l’exploitation ». Mais toute cette installation n’est pas suffisante pour abreuver les bêtes. Il faut avant tout traiter l’eau pour atteindre la « qualité souhaitée ». Ici « nous avons fait le choix de proposer un traitement UV, une méthode naturelle qui utilise le rayonnement UV pour détruire les bactéries et virus afin de limiter l’utilisation du chlore ». En effet, « une pompe d’injection de chlore a été ajoutée afin de garantir la rémanence du traitement tout au long du réseau ».

citerne souple
Vue de la citerne souple de Ghislain Bouquet (©G.Bouquet)

Quelles subventions ?

Il y a deux demandes de subventions possibles :

- le PCAE qui dépend des régions et peut financer 30 à 50 % du projet ;

- ou le Plan de relance dans le cadre du volet « lutte contre la sècheresse » :

L'enveloppe contient 70 millions d'euros et le taux d’aide est de 30 %. Il est possible de bénéficier d'une bonification JA/Cuma de 10 % et d'une majoration pour les Dom de 30 %.

Plancher de dépense HT : 2 000 €

Plafond de dépense HT : individuel 40 000 € / Cuma300 000 €

Attention, les deux aides ne sont pas cumulables. Il faut donc faire une demande unique par demandeur soit au PCAE soit au Plan de relance. Pour cette dernière, il faut faire la demande via le site de FranceAgriMer. L'enveloppe est ouverte depuis le 4 janvier 2021 et court jusqu’au 31 décembre 2022, si elle n’est pas allouée entièrement d’ici là. À savoir, au 22 mars 2021, moins de 50 % du budget était consommé. Pour faire votre demande il vous faut un devis chiffré et détaillé et non signé daté de 2021 ou 2020. Si votre demande rentre dans un projet global d’irrigation et pas seulement d’abreuvement, il faudra envoyer votre devis à la DDT avant dépôt sur le site FranceAgriMer.

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